Russie

Manifestation de l'opposition à Moscou: des centaines d’arrestations

Des membres des forces de l'ordre arrêtent un participant à la manifestation à Moscou, le 3 août 2019.
Des membres des forces de l'ordre arrêtent un participant à la manifestation à Moscou, le 3 août 2019. REUTERS/Tatyana Makeyeva

À Moscou, l’opposition reste mobilisée, malgré les arrestations et la pression policière. Plusieurs milliers de personnes ont défilé ce samedi dans le centre de la capitale russe pour demander des « élections libres ». Manifestation interdite comme celle de la semaine dernière, et qui a donné lieu à des centaines d’arrestations.

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Avec notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot

Comme lors de la manifestation du 27 juillet, c’est un dispositif policier massif qui a été déployé par les autorités. Tout au long de l’itinéraire choisi par l’opposition, des centaines de policiers antiémeutes, et des dizaines de bus blancs et bleus, qui permettront de transporter vers les postes de police, les manifestants arrêtés.

Les autorités ont fait en sorte également de rendre quasiment impossible la connexion internet sur les téléphones portables à proximité des points de rassemblements. Objectif : empêcher les manifestants de communiquer entre eux et de se donner des points de rendez-vous alternatifs comme ce fut le cas la semaine dernière, après la dispersion du principal rassemblement.

Le mouvement de contestation qui est désormais privé de tous ses meneurs. Une seule personnalité de l’opposition n’avait pas encore été placée en détention. Lioubov Sobol a été arrêté à la mi-journée alors qu’elle s’apprêtait à se rendre sur l’un des lieux de rassemblement.


Reportage place Troubnaya

Sur la place Troubnaya, l’un des lieux de rassemblements de l’opposition, la police lance plusieurs appels pour mettre en garde les manifestants, et les enjoindre à se disperser. Piotr 37 ans, reste sur place, déterminé à défendre ses droits : « Je suis révolté par la situation actuelle, le pouvoir nous ment de façon éhontée en excluant des candidats honnêtes. Je ne peux assister à cela sans réagir, c’est inadmissible, on nous prive de nos candidats en nous escroquant ! »

Harnachés de noir, casqués, la matraque à portée de mains, les policiers antiémeutes s’approchent des manifestants. Le face à face ne dure que quelques instants, très vite les manifestants reculent devant les policiers.

Cet autre manifestant ne semble pas avoir peur d’être arrêté. « Non en principe, on ne fait rien de hors-la-loi, on se promène. Personne ne crie, personne ne casse rien, les gens se promènent simplement, tout comme vous. Il ne se passe rien mis à part la violence de la police. »

L’étau se resserre il ne reste bientôt plus personne sur la place. Hormis les forces de l’ordre, et les manifestants arrêtés qui sont embarqués dans les cars de police.

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