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Autriche

Autriche: des élections législatives anticipées, mais pour quelles alliances?

Un moine quittant un bureau de vote lors des élections législatives anticipées, à Vienne, le dimanche 29 septembre.
Un moine quittant un bureau de vote lors des élections législatives anticipées, à Vienne, le dimanche 29 septembre. VLADIMIR SIMICEK / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des élections pour repartir du bon pied. Il n’est pas le premier à faire le pari. En Autriche, après le scandale de corruption « Ibizagate », le chancelier sortant Sebastian Kurz rappelle les 6 millions et demi d’électeurs aux urnes aujourd’hui pour les législatives anticipées. Son parti conservateur est donné favori, mais pas suffisamment pour pouvoir gouverner seul. Avec qui faire alliance? C'est donc la question. Pour cela, on va scruter les résultats des autres formations.

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Avec notre envoyée spéciale à Vienne, Anastasia Becchio

Les bureaux de vote ont ouvert depuis 7 heures, ce matin. Pour l’instant, l’activité tourne au ralenti dans les rues de Vienne, comme dans ce bureau de vote du très branché 7e arrondissement de la capitale. Peu de monde dans cette école où trois salles de classe ont été transformées en bureau de vote.

Vu l’heure matinale, ce sont surtout les retraités qui ont fait le déplacement, comme cette dame qui a voté pour le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), le grand favori des sondages, parce qu'« il est le seul capable de contenir l’immigration ».

« Sous la direction d'Heinz Christian Strache, le FPÖ a su se construire une solide base électorale. Il y a entre 15 et 17% de la population qui votera pour le parti, quoi qu’il arrive, constate Bernhard Weidinger, spécialiste de l’extrême droite autrichienne et chercheur à DÖW, le centre de documentation de la résistance. La perception qu’ont ces gens-là, c’est qu’il n’y a pas d’alternative au FPÖ. Ils estiment que le système politique autrichien est divisé en deux : d’un côté des partis pro-européens ou favorables à l’immigration et d’un autre côté, leur parti. Donc, pour eux, il n’y a pas d’autre choix. »

Le Parti conservateur en tête

Tout le monde s’attend ici à ce que le Parti conservateur (ÖVP) de Sebastian Kurz arrive en tête. Les derniers sondages le créditaient de plus de 10 points d’avance sur ses principaux concurrents, les sociodémocrates et l’extrême droite du FPÖ.

La grande inconnue concerne surtout l’après-élection, car Sebastian Kurz aura besoin d’un ou de plusieurs partenaires de coalition. Pendant la campagne, l’extrême droite n’a pas caché sa volonté de revenir au gouvernement, mais les scandales à répétition depuis « l’ Ibizagate » et les révélations de malversations touchant son ancien chef ont bien entachés son image.

« L’une des options serait de poursuivre la coalition avec le FPÖ, confirme Paul Schmidt, chercheur et secrétaire général de l'Österreichischen Gesellschaft für Europapolitik. En termes de contenus du programme, c’est le plus évident parce qu’ils ont déjà eu un accord de coalition. La direction du FPÖ a été renouvelée après les scandales et ils vont sans doute perdre un peu de leurs soutiens dans cette élection. À l’inverse, l’ÖVP de Sebastian Kurz peut gagner des voix par rapport à 2017. On pourrait donc voir renouvelée cette coalition avec un ÖVP plus fort et un FPÖ plus faible. En tout cas, le FPÖ a très envie de retourner dans la coalition. Mais est-ce que ça sera un gouvernement stable ? C’est la question. »

Bon score des verts en perspective

Dans ce quartier aux boutiques de prêt-à-porter branché, restaurants bio sont légion. Les Verts, le parti L'Alternative verte, devrait faire un bon score, ce dont se réjouit Cynthia, une jeune femme venue voter avant d’aller travailler. Le parti écologiste devrait faire son retour au Parlement et pourrait même faire partie d’une coalition gouvernementale.

« La deuxième option serait une sorte de coalition jamaïcaine un peu comme en Allemagne, avec cette fois, les Verts et les Libéraux. Mais sur le contenu, ça sera beaucoup plus difficile pour M. Kurz. Il aura des Verts qui le pousseront à être plus actif pour la défense du climat. Ce sera plus difficile de contrôler le message du gouvernement et de parler d’une seule voix. Il y aura des conflits », poursuit Paul Schmidt.

Sur ce point, Cynthia se montre dubitative. « Les négociations seront très compliquées, dit-elle. Sebastian Kurz devrait faire trop de concessions ».

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