Brexit

Brexit: Boris Johnson propose à l'UE l'installation de checkpoint en Irlande

Boris Johnson, le Premier ministre britannique, à Manchester au congrès annuel du parti conservateur, le 30 septembre 2019.
Boris Johnson, le Premier ministre britannique, à Manchester au congrès annuel du parti conservateur, le 30 septembre 2019. REUTERS/Henry Nicholls

La RTE, la radio-télévision irlandaise fait état de fuites sur les propositions de Boris Johnson à l’Union européenne pour régler la question du « filet de sécurité » [le fameux « backstop », ndlr]. Le parti conservateur rejette la teneur de ces fuites qui de toute façon ne fait pas l’unanimité.

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Boris Johnson, on le sait, ne veut pas du backstop négocié par Theresa May. Un arrangement temporaire qui aurait permis d’éviter une frontière physique entre la République d’Irlande, membre de l’Union européenne et l’Irlande du Nord qui fait partie du Royaume-Uni.

Selon la RTE, la radio télévision irlandaise, le gouvernement britannique aurait proposé d’instaurer des « check-points », des postes frontaliers à quelques kilomètres de part et d’autre de la frontière réelle aujourd'hui dématérialisée. Cette suggestion d'une frontière déportée qui fonctionnerait avec un suivi numérique des produits importés ou exportés a suscité des réactions immédiates du côté irlandais. Pas question de retenir cette proposition qui est humiliante pour l'opposition. L'idée d'une frontière matérialisée sur l'île a été rejetée depuis longtemps par toutes les parties.

Boris Johnson a réagi lui aussi aux fuites en déclarant qu'il s'agissait de vieilles propositions déjà débattues à Bruxelles qu’il en ferait une nouvelle très bientôt aux Vingt-Sept. Une proposition qu'il se garde bien de formuler pendant le congrès de son parti car elle pourrait susciter de fortes réactions surtout s'il s'agit de déporter la frontière non pas de quelques kilomètres, mais en mer d'Irlande entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord.

■ Les réactions irlandaises

De notre correspondante à Dublin, Emeline Vin

« Pas de papiers, pas de solution. » Le vice Premier-ministre irlandais Simon Coveney, également ministre des Affaires étrangères, a balayé ce lundi 30 septembre, la proposition officieuse de postes de contrôles répartis sur une sorte de zone tampon autour de la frontière… « L’Irlande du Nord et la République méritent mieux que ça ».

Tous les partis politiques s’accordent à qualifier la proposition britannique d’inacceptable : « un projet vexatoire, presque menaçante, un sabotage du processus de paix », selon la présidente du Sinn Féin, Mary Lou McDonald. Pour le chef du Parti travailliste irlandais, « peu importe où vous placez ces postes de contrôle, ça revient à rebâtir une frontière en dur ». Au Nord, les sociaux-démocrates ont dénoncé une « menace pour la sécurité et l’économie insulaire ».

Le vice-Premier ministre se dit persuadé que Boris Johnson connaît pertinemment les lignes rouges des Irlandais et des Européens. Dans un tweet, Simon Coveney rappelle : « Il serait temps d’avancer des solutions sérieuses s’il souhaite un accord d’ici à la fin du mois ».

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