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Turquie / Syrie

[Reportage] Une majorité de Turcs soutient l’opération militaire en Syrie

La fumée monte au-dessus de la ville syrienne de Tel Abyad, vue de la ville frontalière turque d'Akcakale, le 10 octobre 2019.
La fumée monte au-dessus de la ville syrienne de Tel Abyad, vue de la ville frontalière turque d'Akcakale, le 10 octobre 2019. REUTERS/Murad Sezer

Il y a un peu plus de 24 heures, la Turquie lançait en Syrie une nouvelle offensive contre les forces kurdes qui contrôlent le nord-est du pays. L’opposition de la communauté internationale est unanime. Mais en Turquie même, le président Erdogan s’appuie sur une opinion publique largement favorable à cette opération.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Dans son salon de barbier, Hassan suit les nouvelles du front depuis son écran de télévision. Il soutient l’offensive que l’armée turque a engagée contre les forces kurdes. Il la soutient, dit-il, pour son objectif de long terme : créer dans le nord de la Syrie une « zone de sécurité » :

« Il nous faut cette zone pour renvoyer les réfugiés qui vivent depuis des années dans notre pays. Mais bien sûr, nous n’y arriverons pas seuls. Les pays européens devraient nous aider. »

Engin, un client, juge, pour sa part, que l’offensive aurait dû avoir lieu plus tôt. Il est inquiet de ses répercussions :

« Il ne faut faire aucune distinction entre les terroristes. Nous devons traiter les forces kurdes comme nous traitons les membres de Daech. Nous avons beaucoup souffert à cause du PKK. Ça fait plus de 30 ans que cette guerre dure, et j’en ai assez que le monde présente ces terroristes comme des enfants de chœur. Ce qui m’inquiète, c’est l’impact sur notre économie. Elle est fragile ces dernières années et avec cette opération, j’ai l’impression que les pressions internationales ne vont faire qu’augmenter. Mais nous n’avions pas le choix. »

La plupart des Turcs, qu’ils apprécient ou non le président Erdogan, approuvent cette offensive puisqu’elle vise une milice liée au PKK. Cela ne veut pas dire, pour autant, que le soutien soit unanime.

Au Parlement, le parti prokurde – le Parti de la démocratie des peuples (HDP) -s’élève contre l’opération. Il accuse le chef de l’État d’être parti en guerre dans l’espoir de consolider sa base électorale. Le parquet d’Ankara a ouvert une enquête pour « propagande terroriste » contre plusieurs dirigeants du HDP.

À lire aussi : Assaut en Syrie: les Turcs disent progresser, la Russie veut ouvrir le dialogue

 

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