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Brexit

Nouvel accord de Brexit: à peine trouvé, déjà critiqué au Royaume-Uni

La leader du Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord (DUP), Arlene Foster, lors d'un congrès annuel de son parti, le 24 novembre 2018.
La leader du Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord (DUP), Arlene Foster, lors d'un congrès annuel de son parti, le 24 novembre 2018. REUTERS/Clodagh Kilcoyne
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les premières oppositions au nouvel accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne trouvé ce 17 octobre commencent déjà à se faire jour au Royaume-Uni.

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La « méthode Coué » choisie, signale notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix, par le Premier ministre britannique Boris Johnson malgré le « non » retentissant du DUP (Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord) un peu plus tôt, a provoqué au Royaume-Uni un déluge de réactions.

Le chef du Parti du Brexit Nigel Farage a jugé que le nouvel accord de divorce trouvé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni n'en était pas un. « L'engagement d'alignement réglementaire dans cet accord signifie que le "nouvel accord" n'est pas un Brexit », a-t-il tweeté.

Jeremy Corbyn, le dirigeant du Labour, le principal parti d’opposition a rejeté un accord qu’il estime pire que celui de Theresa May. À sa suite, les libéraux démocrates ont prévenu qu’ils ne voteraient pas pour un accord dommageable pour l’économie britannique. Surtout, la tentative de Boris Johnson de forcer la main du DUP apparaît très risquée, car, pour l’instant, les unionistes refusent de bouger. Ils répliquent qu’en l’état, ils ne soutiennent pas cet accord.

Pour le DUP, le maintien dans l’union douanière européenne, qui différencie la province nord-irlandaise du reste de la Grande-Bretagne, est inacceptable. Le DUP craint aussi que le droit de regard de Belfast sur ses arrangements, accordés à la fois aux Républicains et aux unionistes, n’amoindrisse à terme la position de force des unionistes dans la province.

Poids décisif du DUP

Sans l’accord des DUP, est-ce que le Premier ministre peut faire approuver cet accord au Parlement britannique ? Le petit parti n’a après tout que dix députés. Mais les autres brexiteurs les plus intransigeants au sein du Parti conservateur, qui avaient rejeté trois fois l’accord de Theresa May, ont toujours jusqu’à présent soutenu le DUP. Boris Johnson, qui n’a plus désormais de majorité à la Chambre, a besoin de toutes les voix possibles. Et il lui faudrait convaincre nombre de députés travaillistes dans des circonscriptions pro-Brexit de défier Jeremy Corbyn et voter en faveur de cet accord, ce qui est loin d’être acquis.

 ► À lire aussi : Brexit: les Nord-Irlandais du DUP sapent l'enthousiasme de Boris Johnson

Ces annonces ont sûrement poussé les responsables européens à tempérer leur enthousiasme. Le président français Emmanuel Macron s'est ainsi dit jeudi 17 octobre « raisonnablement confiant » quant à une ratification de l'accord par les parlementaires britanniques.

En cas de nouveau rejet se poserait la question d’une potentielle extension. Ce samedi 19 octobre représenterait la dernière limite pour la demander. C'est aussi la date validée par les députés britanniques pour voter ce nouvel accord. Boris Johnson les a appelés ce 17 octobre à soutenir l'accord et à « faire aboutir le Brexit ».

►À lire aussi : Brexit: les unionistes d'Irlande du Nord veulent peser sur l'accord final 


Qui est Arlene Foster, l'intransigeante patronne du DUP ?

« La violence a façonné ma jeunesse et mes choix politiques », explique Arlene Foster, leader du Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord. Elle a huit ans lorsqu’en 1979 des membres de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) tirent une balle dans la tête de son père, un policier, dans la ferme familiale. Il survivra. Huit ans plus tard, Arlene Foster réchappe, elle, à l’explosion d’une bombe de l’IRA dans son bus scolaire.

A l’université, elle rejoint l’Association des jeunes unionistes, l’organisation de jeunesse de l’UUP qui dirige l’Irlande du nord depuis des décennies. Élue députée en 2003, elle quitte ensuite le parti, jugeant l’accord de paix qui a mis fin en 1998 à des décennies de violences « trop conciliant ».

Elle rejoint le DUP qu’elle dirige aujourd’hui, en phase avec sa ligne ultraconservatrice, hostile à l’avortement et au mariage pour tous, toujours interdits dans une Irlande du Nord dont elle devient en 2016 Première ministre. Arlene Foster réussit alors à obtenir un milliard de livres pour la province en échange de son soutien à Theresa May, la Première ministre de l’époque au Royaume-Uni.

Mais ses positions toujours tranchées, comme elle continue de le montrer avec le Brexit, ont provoqué un blocage au sommet de l’Irlande du Nord que, depuis l’accord de paix, son parti est contraint de diriger avec les républicains du Sinn Fein. Aujourd’hui, Londres est donc obligé de se charger des affaires courantes de la province.

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