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Espagne

Législatives en Espagne: retour aux urnes sur fond de paysage politique morcelé

Un votant préparant son bulletin de vote.
Un votant préparant son bulletin de vote. REUTERS/Susana Vera
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les quatrièmes législatives espagnoles organisées en quatre ans pourraient laisser le pays encore moins gouvernable qu’après celles d’avril dernier. Les ultimes études montrent qu’aucun bloc ne devrait s’imposer ce dimanche 10 novembre. La poussée de l’extrême droite pourrait changer la donne.

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Avec notre envoyée spéciale Madrid,  Juliette Gheerbrant

Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche matin à 9h (8h, temps universel) en Espagne. Une vingtaine de personnes attendaient donc, ouverture une heure plus tard que d’habitude, dans un bureau du centre de Madrid.

Quelques électeurs « lève-tôt » avaient déjà dû faire demi-tour, avant de revenir. Quelque 37 millions d’Espagnols sont appelés à désigner leurs 350 députés et signataires, avec l’espoir de sortir le pays du blocage.

► À lire aussi : Fin de campagne pour une fin du blocage politique en Espagne ?

Aucune sortie de crise ne s’annonce, bien au contraire. La situation politique pourrait être ce dimanche soir encore plus instable. Aucun bloc ne semble en mesure, ni à droite, ni à gauche, selon les sondages, d’obtenir la majorité de 76 élus pour gouverner.

L’écart entre le Parti socialiste (PSOE) et le Parti populaire (PP) devrait se réduire. Ciudadanos est donné en chute libre. Le paysage semble encore plus morcelé avec l’apparition de Más País, un parti qui a fait scission avec Podemos, et la participation de la CUP, le parti d’extrême gauche catalan.

Paysage politique morcelé

Le score de Vox sera particulièrement scruté. Ce parti pourrait devenir la troisième formation politique d’Espagne. L’extrême droite de Santiago Abascal a fait une forte poussée dans les sondages. La fourchette est large, c’est la principale inconnue de ce scrutin. Vox attire, avec un discours qui manipule les chiffres de l’immigration et de la délinquance.

Mais la crise catalane lui profite aussi. Cette crise a dominé la campagne, notamment avec les manifestations qui ont suivi l’annonce du verdict contre les dirigeants séparatistes. Le parti Vox soutient activement déjà les coalitions Parti populaire et Ciudadanos dans trois régions, à Madrid, mais aussi dans la région de Murcie et en Andalousie.

Enfin, l’autre grande inconnue, c’est la participation. L’abstention pourrait atteindre un record. Il faut dire que les élections se succèdent et que la lassitude gagne les électeurs. Traditionnellement, cette abstention profite plutôt à la droite.


Santiago Abascal, leader du parti d'extrême-droite, Vox , qui fait une percée dans les sondages.
Santiago Abascal, leader du parti d'extrême-droite, Vox , qui fait une percée dans les sondages. REUTERS/Susana Vera

Vox a fait une forte remontée dans les sondages après les manifestations d’octobre en Catalogne. Les pronostics les plus bas le créditent de 33 sièges au lieu 24 actuellement.

Son discours sécuritaire a séduit Cali Gilliard, 69 ans, résidente d'une banlieue où il y a 13% d'étrangers. « Le soir arrive et on n’ose pas sortir dans la rue. On a peur des viols, des meurtres, des vols à l’arraché et tout ça. Avant, c’était pas comme ça », assure la dame.

Manipulation des chiffres

Peu importe si des universitaires ont démonté la manipulation des chiffres de la délinquance par l'extrême droite dans une récente tribune ; l’autre cheval de bataille de Vox, c’est le nationalisme.

Cette semaine, le parti a fait adopter à Madrid une motion en faveur de l’interdiction des partis indépendantistes et David Alonso approuve. Ce jeune militaire de 33 ans votera pour Vox même s’il ne partage pas toutes ses idées.

« Sur l’avortement, l’euthanasie, on est au XXIe siècle je pense qu’ils devraient se mettre à jour. En revanche sur l’immigration illégale je suis pour. Sur le plan politique aussi, ils veulent que les régions autonomes aient moins de pouvoir, parce qu’on est en train de se diviser », dit-il.

En échange de son soutien aux coalitions de droite, Vox a parfois fait d’importantes concessions à son programme. Aucune enquête ne prédit un tel scénario au niveau national mais un tiers des électeurs étaient encore indécis à quelques jours du scrutin.

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