Roumanie

Roumanie: les libéraux favoris au premier tour de l'élection présidentielle

Le président sortant libéral, Klaus Iohannis, souriant après avoir glissé son bulletin dans l'urne, le 10 novembre 2019.
Le président sortant libéral, Klaus Iohannis, souriant après avoir glissé son bulletin dans l'urne, le 10 novembre 2019. Inquam Photos/Octav Ganea via REUTERS

Les Roumains votent dimanche 10 novembre au premier tour de l’élection présidentielle. Le président sortant de centre droit, Klaus Iohannis, entend rempiler pour un second mandat. Les derniers sondages lui accordaient une large avance sur ses principaux adversaires, parmi lesquels l’ex-Première ministre sociale-démocrate Viorica Dancila, destituée après avoir essuyé une motion de défiance le mois dernier.

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Trente ans après la chute du rideau de fer, Klaus Iohannis du parti libéral (PNL) a axé sa campagne sur la défense de l'Etat de droit, menacé selon lui par les sociaux-démocrates (PSD), dont le gouvernement a été renversé par le Parlement le mois dernier.

Son élection à l'issue du second tour du 24 novembre prochain pourrait consolider le courant libéral à l'est de l'Union européenne, face aux partis souverainistes, après les succès de progressistes en Slovaquie et en Hongrie cette année.

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En fonction depuis 2014, M. Iohannis « vient de la minorité allemande, la petite minorité allemande de Transylvanie. Il était un maire de succès à Sibiu mais ses qualités d’administrateur ont fait de lui une superstar de la politique et pas du tout son discours politique », constate Cristian Pirvulescu, doyen de l’école d’études politiques de Bucarest.

« Il préfère toujours la “guerre des positions” et pas du tout le contraire. Il organise des positions fortes et puis il résiste. Et il a résisté, voilà pourquoi il est très apprécié, poursuit-il, parce qu’il a résisté contre un gouvernement qui était considéré comme antieuropéen et pas assez démocratique. »

Fin d’une ère

Les observateurs pensent que le scrutin pourrait marquer la fin d'une ère: pour la première fois depuis le retour du multipartisme, le PSD, héritier du communisme et à la base électorale plutôt rurale et âgée, n'est pas assuré d'être présent au second tour.

Le parti social-démocrate a été contesté ces dernières années par un large mouvement de protestation pour sa résistance à lutter contre la corruption et ses attaques contre l’indépendance de la justice. Comment cette mobilisation anti-PSD va-t-elle se traduire dans les urnes ?

« Toutes ces manifestations étaient finalement dans la rue, où se sont retrouvés des groupes de gens, des individus très hétéroclites, répond de Silvia Marton, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Bucarest. Il n’y a pas eu un parti politique pour mettre en parole la revendication de la rue. Ce discours anticorruption est maintenant partout : chez tous les partis de droite, Iohannis et son parti, Barna. »

« À mon avis, cette rue ne va certainement pas voter pour le candidat du Parti social-démocrate. Ça, oui. Mais pour qui la rue va voter ? Les trois autres, à part Dancila, la Première ministre sortante, tous peuvent s’attendre légitimement à revendiquer le vote de la rue », poursuit cette dernière.

Ce pays de 19,7 millions d'habitants s'est, néanmoins, nettement moins teinté de nationalisme que la Hongrie ou la Pologne.

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