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Russie

Russie: pas de légitime défense pour trois soeurs jugées pour parricide

Maria Khatchatourian, l'une des trois sœurs accusées du meurtre de leur père, le 26 juin 2019.
Maria Khatchatourian, l'une des trois sœurs accusées du meurtre de leur père, le 26 juin 2019. Yuri KADOBNOV / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’affaire a profondément ému la société russe. En juillet 2018, trois jeunes femmes tuent leur père à coups de couteau et de marteau. Tout en reconnaissant des circonstances atténuantes, les enquêteurs ont décidé que deux des trois sœurs seront finalement jugées pour meurtre.

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De notre correspondant à MoscouDaniel Vallot

Les avocats des trois jeunes femmes espéraient que la légitime défense serait retenue par les enquêteurs, ce qui aurait permis à la justice russe d’alléger considérablement la peine encourue. Rien de tel : le Comité d’enquête de la Fédération de Russie estime que deux des trois sœurs parricides étaient conscientes et responsables de leurs actes, et qu’elles devront être jugées pour crime.

Les enquêteurs reconnaissent des circonstances atténuantes, estimant que le crime a été provoqué par les « douleurs physiques et psychiques infligées par le père à ses filles durant une longue période ». Mais le Comité d’enquête estime que les deux grandes sœurs, âgées de 19 et 18 ans au moment des faits, devront être jugées pour « meurtre commis en groupe avec préméditation ».

Un cas emblématique

Citée par l’Agence France-Presse (AFP), l’avocate d’Angeline Khatchatourian, Mari Davtian, a aussitôt dénoncé cette décision, estimant qu’il y avait « plus qu’assez de preuves établissant qu’elles ont agi en situation de légitime défense ». La déception est grande également pour les associations et les militants qui avaient pris fait et cause pour les jeunes femmes. Le calvaire des sœurs Khatchatourian, livrées à elles-mêmes face à un père ultra violent, a non seulement suscité une très grande émotion en Russie, mais il a également contribué au débat sur les violences faites aux femmes dans le pays.

Plusieurs associations espèrent d’ailleurs qu’une loi sera adoptée d’ici à la fin de l’année pour protéger davantage les femmes en Russie – dont le sort ne cesse d’empirer suite à la décriminalisation d’une partie des violences conjugales, en 2017. Mais elles craignent que cette loi soit rejetée, ou vidée de son contenu. En attendant, le procès des sœurs Khatchatourian aura bien lieu devant une cour criminelle, avec à la clé une condamnation qui pourrait être très lourde : jusqu’à vingt années de prison.

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