Russie

La diplomatie russe déclare «conspirationniste» un article du Monde

Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, le 10 décembre 2019.
Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, le 10 décembre 2019. REUTERS/Al Drago

La diplomatie russe aura mis deux semaines à réagir à la publication dans Le Monde d’un article soutenant que des espions russes ont utilisé les Alpes françaises comme base arrière pour des opérations en Europe. Le ministère russe des Affaires étrangères rejette avec force ces allégations.

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« Propagande », « fausse information », « théorie conspirationniste » : c’est en ces termes que le ministère russe des Affaires étrangères répond aux révélations du Monde. « Nous considérons cet article comme de la désinformation visant à entretenir le mythe de la menace russe dans l'esprit du grand public européen », indique le communiqué cité par plusieurs médias.

Le 4 décembre dernier, Le Monde racontait que 15 officiers du renseignement militaire russe, spécialisés dans les assassinats, avaient circulé sur le continent à partir de 2014 et séjourné dans plusieurs villes françaises de Haute-Savoie. L’un de ces hommes aurait été identifié par les autorités britanniques comme l’un des auteurs de l'empoisonnement au neurotoxique Novitchok d'un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille Ioulia, à Salisbury en Angleterre en mars 2018.

Pas de preuve pour eux

Le ministère russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, met en cause la rigueur journalistique de l’enquête, qui cite des sources issues du renseignement. La diplomatie russe y voit une « absence complète de preuves », qui « n'a pas constitué d'obstacle pour cette publication chargée de contenus ouvertement russophobes et remplie de fausses nouvelles propagandistes ».

Et le ministère russe des Affaires étrangères de souligner : « C'est devenu la "nouvelle tendance" des médias occidentaux », lorsqu'ils écrivent sur l’espionnage.

Enfin, la diplomatie russe y voit un lien avec le sommet sur l'Ukraine organisé, à Paris, cinq jours après la publication. « L'article, écrit le ministère, avait le but explicite de porter atteinte à la réputation de la Russie et de discréditer ainsi la direction prévue par le président français Emmanuel Macron d'une normalisation des relations avec Moscou. »

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