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Hongrie

Hongrie: des propos du Premier ministre sur les Roms font polémique

Le président hongrois, Viktor Orban a critiqué un jugement rendu sur l'indemnisation des victimes de ségrégation scolaire.
Le président hongrois, Viktor Orban a critiqué un jugement rendu sur l'indemnisation des victimes de ségrégation scolaire. REUTERS/Bernadett Szabo

En Hongrie, les Roms représentent environ 7% de la population. Une association qui défend leurs droits vient de porter plainte contre le Premier ministre, Viktor Orban, dont les propos polémiques ont fait le tour de la Toile.

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De notre correspondante à Budapest

L’affaire suscite de nombreux commentaires sur la Toile et les réseaux sociaux. Tout est parti d’un jugement de la Cour suprême de Hongrie, qui a décidé qu’une soixantaine de familles roms devaient être indemnisées, car leurs enfants ont été victimes de ségrégation à l’école.

Cela s’est passé dans un village du nord de la Hongrie, entre 2004 et 2017, les petits Roms ont été mis dans une salle de classe à part; sans sortie scolaire ni de piscine, c’était la ségrégation totale. Selon la décision de la Cour suprême, la commune doit verser plusieurs milliers d’euros à chaque famille. Mais le Premier ministre a critiqué ce jugement.

« Si je vivais dans ce village, je me demanderais comment il est possible que des membres d’un groupe ethnique qui vivent avec moi dans la même communauté reçoivent une telle somme d’argent sans l’avoir gagné, alors que je me tue au travail toute la journée. Je ne sais pas encore exactement quoi faire, mais ça ne peut pas rester comme ça », a déclaré Viktor Orban.

Cette déclaration du Premier ministre a fait le tour de la Toile. Si certains internautes l’approuvent, d’autres trouvent ces propos scandaleux. C’est du racisme, estime l’association du Parlement des Roms qui a porté plainte contre Viktor Orban.

Indemniser les victimes de ségrégation scolaire

Ce n’est pas la première fois qu’un tribunal hongrois décide d’indemniser des victimes de ségrégation scolaire, il y a eu des procès similaires. Des familles tsiganes ont même reçu des indemnisations plus importantes. Ce qui est nouveau, c’est que le Premier ministre remette en cause une décision de la plus haute juridiction du pays.

C’est peut-être le signe que Viktor Orban prépare une offensive contre les juges, pour restreindre l’indépendance de la justice. C’est en tout cas l’analyse de plusieurs sites web indépendants comme HVG ou 24 heures.

Quant au portail pro-gouvernemental, La nation hongroise, il se fait l’écho d’une proposition du parti de Viktor Orban : au lieu de verser des dommages et intérêts aux familles roms, il faudrait offrir aux enfants des cours d’anglais et d’informatique, donc transformer l’indemnité en formation gratuite. Mais les familles concernées ont rejeté cette proposition.

Tout cela se passe dans un village où la tension entre Roms et non-roms est plus forte qu’ailleurs. Car c’est là que le parti d’extrême-droite Jobbik avait tenté de fomenter des troubles inter-ethniques, au début des années 2010.

Dans ce contexte tendu, le Premier ministre a jeté de l’huile sur le feu, estime Index, le premier portail hongrois, qui conclut : « C’est de l’incitation à la haine, comme aucun Premier ministre n’en a fait en Hongrie depuis des décennies ».

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