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Manifestation à Budapest en soutien aux Roms après des propos de Viktor Orban

Quelques milliers de manifestants ont manifesté contre la politique anti-Roms de Viktor Orban, à Budapest, le 23 février 2020.
Quelques milliers de manifestants ont manifesté contre la politique anti-Roms de Viktor Orban, à Budapest, le 23 février 2020. REUTERS/Bernadett Szabo
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Des milliers de Hongrois ont manifesté ce dimanche 23 février pour manifester leur solidarité avec les Roms après que le Premier ministre Viktor Orban a critiqué un jugement de la Cour suprême condamnant l’État à dédommager une soixantaine de jeunes Roms victimes de ségrégation scolaire.

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De nombreux Roms sont venus de province pour manifester à Budapest leur indignation contre des propos récemment tenus par Viktor Orban. À l'origine, un jugement de la Cour suprême de Hongrie, qui a condamné l'État à verser 300 000 euros de dommages et intérêts à une soixantaine de familles roms dont les enfants avaient été victimes de ségrégation scolaire dans un village du nord du pays.

Le Premier ministre refuse que cette somme soit payée. « Si je vivais dans ce village, je me demanderais comment il est possible que des membres d’un groupe ethnique qui vivent avec moi dans la même communauté reçoivent une telle somme d’argent sans l’avoir gagné, alors que je me tue au travail toute la journée. Je ne sais pas encore exactement quoi faire, mais ça ne peut pas rester comme ça », a-t-il déclaré, provoquant une vive polémique.

Dans la manifestation de ce dimanche se trouve Janos B., un électricien dont le neveu a été victime de ségrégation et doit être dédommagé par l’État. « La justice est indépendante et Viktor Orban n’a pas à mettre son grain de sel dedans ! Son rôle, c’est de diriger le pays, c’est tout », s'indigne-t-il au micro de notre correspondante Florence La Bruyère.

Des députés d’opposition et de nombreux Budapestois se sont joints au cortège. « Quand le Premier ministre commence à réécrire en direct la loi, ça veut dire que c’est un peu la fin de l’État de droit », estime Sandor Szöke, cinéaste et militant des droits de l’homme.

Pour Katalin Törley, professeur de lycée, la campagne gouvernementale contre les migrants est en train de s’essouffler. Alors Viktor Orban a trouvé un nouveau bouc émissaire. « Il a été contraint de trouver un nouvel ennemi. Et rien de plus facile que de jouer avec les préjugés, très présents dans la société hongroise, contre les Roms. C’est hyper dangereux. Ça peut mener à une situation de guerre civile. »

« À bas le dictateur qui se croit au-dessus des lois ! », clame une bannière. Sur sa pancarte, un manifestant a écrit : « On ne peut pas bâtir l’avenir sur la haine ».

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