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Turquie: Erdogan menace directement les Européens d'ouvrir les vannes aux réfugiés

Migrants et réfugiés dans un face à face tendu avec la police grecque au poste frontalier gréco-turc de Pazarkule, le 29 février 2020.
Migrants et réfugiés dans un face à face tendu avec la police grecque au poste frontalier gréco-turc de Pazarkule, le 29 février 2020. BULENT KILIC / AFP
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Trente quatre, c’est le dernier bilan officiel du nombre de soldats turcs tués par le régime de Damas à Idlid, dans le nord-ouest de la Syrie, ces dernières 48 heures. Un chiffre révélé par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’exprimait pour la première fois depuis l’attaque de jeudi attribuée à l’aviation syrienne. Dans ce discours, le chef de l’État turc s’est montré intransigeant à l’égard du régime syrien et de son allié russe, mais aussi à l’égard de l’Europe sur la question des réfugiés. Ces derniers jours, la Turquie avait fait savoir qu’elle n’empêcherait plus le passage de migrants en Europe. 

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C’est la première fois que la Turquie reconnaît publiquement ne plus appliquer l’accord migratoire signé en mai 2016 avec l’Union européenne. Autrement dit, que ses garde-frontières ferment les yeux sur les passages de migrants, précise notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer.

Et c’est le président Recep Tayyip Erdogan lui-même qui a fait cette annonce en forme de défi à l’Europe. « Nous avons ouvert les portes. Et depuis, environ 18 000 personnes ont forcé les portes et sont passées. Mais ce chiffre devrait monter à 25 ou 30 000. A l’avenir, nous ne fermerons pas ces portes, et cela va continuer ainsi. Pourquoi ? L’Union européenne doit tenir ses promesses. »

Athènes indique de son côté avoir empêché 4 000 migrants venant de Turquie d'entrer « illégalement » en Grèce. Selon des témoignages recueillis par l'AFP, des milliers de migrants, notamment des Afghans, des Irakiens et des Syriens, ont passé la nuit à la frontière. La Turquie exige de l’Europe qu’elle l’aide à accueillir plus de trois millions et demi de Syriens, mais aussi à établir dans le nord de la Syrie une « zone de sécurité » pour renvoyer ces réfugiés et abriter les centaines de milliers de déplacés d’Idleb.

Quand on sera 50 000 ou plus là-bas, la Grèce ouvrira ses frontières ! Ils seront contraints d’ouvrir !

[Reportage] A Istanbul, rencontre avec des réfugiés vers l'Europe

Pression aussi sur la Russie

Dans son discours, Recep Tayyip Erdogan s’est également montré intransigeant à l’égard du régime syrien et du président russe, Vladimir Poutine, avec lequel il s’est entretenu par téléphone vendredi. Rappelons que les pertes de jeudi - la mort de plus de trente soldats turcs dans des frappes du régime de Damas auquel la Russie est alliée- sont les plus importantes depuis l'intervention d'Ankara en Syrie en 2016.

« J’ai dit à monsieur Poutine : que faites-vous là-bas? Si vous voulez établir une base militaire, allez-y. Mais ôtez-vous de notre chemin, et laissez-nous face à face avec le régime syrien. Et nous ferons le nécessaire avec le régime. »

Derrière la défiance, Recep Tayyip Erdogan souhaite encore trouver un accord avec le président russe. Mais les deux hommes n’ont pas prévu de se rencontrer avant le 5 ou le 6 mars.

À lire aussi : La Turquie menace l’Europe d’un flux de migrants, Athènes renforce sa frontière

Patrouille de policiers grecs le 28 février le long de la frontière turque, pour empêcher le passage de réfugiés ou migrants en provenance de Turquie.
Patrouille de policiers grecs le 28 février le long de la frontière turque, pour empêcher le passage de réfugiés ou migrants en provenance de Turquie. REUTERS/Alexandros Avramidis

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