Accéder au contenu principal
Reportage

Au point de passage turc de Pazarkule, les migrants pris au piège

Au point de passage de Pazarkule, des milliers de personnes continuent d'affluer, le 2 mars 2020.
Au point de passage de Pazarkule, des milliers de personnes continuent d'affluer, le 2 mars 2020. REUTERS/Alexandros Avramidis
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Depuis la fin de la semaine dernière, la Turquie a décidé de ne plus empêcher les migrants présents sur son territoire de se rendre à la frontière avec la Grèce et la Bulgarie. Résultat, ils sont désormais des milliers à faire le siège des poste-frontières.

Publicité

De notre envoyée spéciale, Anne Andlauer

Devant le poste-frontière, des centaines de personnes attendent. Et elles espèrent toujours que la Grèce va changer d’avis, qu’elle ouvrira ses portes pour les laisser entrer en Europe. Mais l’espoir est de plus en plus mince. La plupart viennent de passer trois jours et trois nuits dehors, dans le froid, avec peu de nourriture. Ce sont principalement des hommes, mais il y aussi des familles avec de jeunes enfants et même des femmes enceintes.

Parmi les personnes qui se sont massées aux abords du poste-frontière de Pazarkule, des familles avec enfants.
Parmi les personnes qui se sont massées aux abords du poste-frontière de Pazarkule, des familles avec enfants. REUTERS/Leonhard Foeger

Ils sont originaires d’Afghanistan, de Syrie, de Somalie, du Kazakhstan, d’Iran. Certains sont en Turquie depuis des années, certains depuis quelques mois. Mais ils racontent à peu près tous la même histoire. Ils ont tout quitté, tout dépensé de leurs économies, à l’instant même où ils ont entendu que la Turquie ouvrait sa frontière.

Les migrants tentent de traverser le fleuve Meriç, près du poste-frontière de Pazarkule.
Les migrants tentent de traverser le fleuve Meriç, près du poste-frontière de Pazarkule. REUTERS/Marko Djurica

Et maintenant qu’ils sont sur place, à quelques mètres de l’Europe, ils se retrouvent face à un mur, avec des policiers grecs qui leur envoient régulièrement - ce matin encore -, des gaz lacrymogènes pour les faire reculer à la frontière terrestre et des soldats grecs qui tirent des balles en l’air et leur crient de rebrousser chemin, s’ils essaient de franchir le fleuve Evros, la frontière naturelle entre la Turquie et la Grèce.

Les policiers grecs ont fait usage de gaz lacrymogène  pour repousser les migrants.
Les policiers grecs ont fait usage de gaz lacrymogène pour repousser les migrants. REUTERS/Osman Sadi Temizel

Si beaucoup ici se disent déterminés et espèrent trouver un moyen de passer de l’autre côté, il y a aussi beaucoup de désespoir, beaucoup de colère à l’égard de l’Europe, bien sûr, qui ne veut pas d’eux, mais aussi à l’égard de la Turquie, qui leur a donné cet espoir pour finalement, les envoyer dans ce qui ressemble vraiment à une impasse.

Certains, d’ailleurs, rebroussent chemin. Plusieurs familles montent dans des taxis, ce lundi matin, direction Istanbul.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.