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Migrants: la Turquie envoie des policiers à sa frontière avec la Grèce

Des migrants se tiennent sur les bords de la rive Evros, la frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie, près de la ville turque d'Edirne, le 3 mars 2020.
Des migrants se tiennent sur les bords de la rive Evros, la frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie, près de la ville turque d'Edirne, le 3 mars 2020. REUTERS/Marko Djurica
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La Turquie a annoncé jeudi 5 mars le déploiement d’un millier de policiers le long du fleuve qui sépare le pays de la Grèce, pour « empêcher » Athènes de « repousser » les migrants. Ceux-ci tentent de franchir le fleuve pour atteindre l’Europe depuis qu’Ankara a décidé d’ouvrir ses frontières pour faire pression sur l’Union européenne quant à la crise à Idleb, en Syrie.

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Alors que la situation se tend depuis des semaines dans l’île grecque de Lesbos, le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu a annoncé jeudi 5 mars l’envoi « le long du fleuve Meriç [appelé Évros du côté grec, NDLR] 1 000 membres des forces spéciales de la police », cela pour « empêcher » la Grèce de « repousser » les migrants.

La Turquie a ouvert fin-février ses frontières avec la Grèce pour laisser passer les migrants déjà présents son territoire, se retirant de l’accord conclu avec l’Union européenne en 2016 au sujet des demandeurs d’asile. Depuis cette annonce, des dizaines de milliers de personnes se sont massées le long de la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, essayant de passer par des postes frontaliers ou en traversant le fleuve.

D'autres ont réussi à gagner la Grèce en rejoignant les îles égéennes, comme Lesbos et Chios.

Alors qu’Athènes a annoncé avoir empêché ces derniers jours plusieurs milliers de migrants d'entrer « illégalement » sur son territoire, la Turquie accuse en outre les forces frontalières grecques d'avoir tué trois migrants, ce qu'Athènes a fermement démenti, rejetant des « fausses informations ».

Plusieurs migrants interrogés par l'AFP du côté turc ont indiqué avoir été renvoyés par les autorités grecques après avoir été interceptés de l'autre côté de la frontière, souvent après avoir été dépouillés de leurs effets personnels: argent, téléphone, chaussures…

L'Union européenne a qualifié de « chantage » la décision prise par Ankara d'ouvrir ses frontières, au moment où la Turquie est en quête d'un appui occidental en Syrie. L'afflux de migrants vers la Grèce a réveillé en Europe la crainte d'une nouvelle crise migratoire semblable à celle qui a secoué le continent en 2015, mais ce dernier a promis de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses frontières.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mercredi 4 mars qu'une résolution de la crise migratoire passait par un soutien européen à Ankara en Syrie.

(avec AFP)

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