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Coronavirus: scènes de panique et quarantaine pour un quart de l’Italie

Afin d'appliquer les directives gouvernementales, les forces de l'ordre s'apprêtent à investir la gare principale de Milan, ce 8 mars 2020.
Afin d'appliquer les directives gouvernementales, les forces de l'ordre s'apprêtent à investir la gare principale de Milan, ce 8 mars 2020. REUTERS/Alex Fraser
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Avec 233 morts et près de 6 000 contaminations, le gouvernement Giuseppe Conte a décrété dimanche 8 mars la mise en quarantaine de plusieurs régions du nord du pays jusqu’au 3 avril, dont des villes comme Milan, Venise ou Plaisance. Ces mesures exceptionnelles ont provoqué la stupéfaction et parfois la panique chez les Italiens, condamnés à être coupés du monde.

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De notre correspondant à Rome, Éric Senanque

Ce décret est un véritable confinement des régions du Nord, la Lombardie, la région la plus touchée, en tête, mais aussi des zones du Piémont, de l’Émilie-Romagne ou de Vénétie. Au total, onze provinces et 15 millions de personnes vivront sous cloche jusqu’au 3 avril au moins, soit un quart de la population italienne.

Une grande zone rouge élargie qui a pour objectif de contenir l’épidémie en limitant au maximum les déplacements.

Avant même la signature du décret, des scènes de panique avaient lieu dans les régions concernées, notamment à la gare de Milan, où des centaines de personnes qui se sont ruées sur les trains, parfois sans billet pour quitter la capitale lombarde et fuir vers le Sud.

Des Italiens dans leurs voitures, avant la fermeture des zones

D’autres personnes ont sauté dans leur voiture, notamment des résidents des régions méridionales, qui ont souhaité quitter Milan et les zones confinées par crainte de se retrouver bloquées. Dimanche 8 mars au matin, de nombreux Italiens encore dans leur véhicule pour se rendre dans d’autres régions, comme en Val d’Aoste ou en Ligurie afin rejoindre leurs proches : ils ont souhaité gagner du temps avant que la zone rouge ne se referme sur eux.

Cette décision a été officialisée dimanche 8 mars au petit matin par la parution du décret officiel émis par Giuseppe Conte qui l'a tweeté.

Mariages, funérailles et cérémonies religieuses interdits

Le décret gouvernemental devrait couper du monde des millions d’Italiens. Il prévoit la fermeture des stations de ski, des piscines, des musées ou des cinémas ou des discothèques. Les bars, eux, devraient fermer de 18 heures jusqu’à 6 heures du matin. Les autorités italiennes, qui préconisent déjà une distance d’un mètre réglementaire entre chaque personne veulent à tout prix éviter les regroupements.

Les cérémonies religieuses, mariages ou funérailles seront également interdits selon les nouvelles mesures. Les personnes qui ont de la fièvre, au-delà de 37,5°C ou des symptômes respiratoires sont par ailleurs fortement invitées à rester chez elles.

Cinémas, théâtres et musées fermés sur toute l'Italie

À Rome, comme dans d’autres villes, la vie est aussi au ralenti. Car le décret stipule aussi la fermeture sur tout le territoire des cinémas, théâtres, musées et autres salles de spectacle. Jusqu'au 3 avril, cinémas, théâtres, musées, pubs, salles de jeux, écoles de danse, discothèques et autres lieux similaires devront rester rideaux baissés, selon le texte publié sur le site du gouvernement.

« Chacun doit être plus responsable », a déclaré le président du Conseil Giuseppe Conte tard dans la nuit lors d’une conférence de presse. Des mesures exceptionnelles qui vont littéralement couper une partie de l’Italie du reste du monde.

Renforcement massif de l'aide

Mais ce décret est surtout ambitieux, le gouvernement mettant les grands moyens : 20 000 postes, parmi lesquels 5 000 médecins spécialistes, 10 000 infirmières et 5 000 travailleurs aides-soignants.

Le texte devrait permettre de multiplier de 50% les lits dans les unités de soins intensifs, cela surtout pour mobiliser toutes les forces vives nécessaires pour faire face à l’urgence.

Les médecins à la retraite sont ainsi rappelés et les étudiants en fin de cursus de médecine pourront intégrer des équipes médicales plus facilement. Une allocation de 600 millions d’euros a immédiatement été débloquée pour payer ce personnel médical.

Autre mesure également annoncée : la réquisition possible d’hôtels par les préfets de région, pour mettre des personnes en quarantaine. Le ministre italien de la Santé Roberto Speranza a demandé la collaboration de tous les citoyens pour vaincre l’épidémie.

Prière papale par vidéo

Le reste du pays semble regarder ce nord de l’Italie, poumon économique du pays, avec inquiétude. « Le virus ferme le cœur du Nord », titre ce matin la Stampa, le grand quotidien de Turin, « La moitié de l’Italie est paralysée », écrit Il Messaggero¸ journal imprimé à Rome.

De son côté, le Vatican, où un cas de contamination a été recensé, s’isole : dimanche 8 mars et pour la première fois, le pape François n’apparaîtra pas à la fenêtre du palais apostolique pour la prière de l’Angélus, mais fera sa méditation enfermée dans sa bibliothèque devant une caméra qui retransmettra en direct sur internet.

► À lire aussi : L’ensemble de l'Italie frappée par l’épidémie de coronavirus, les écoles fermées

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