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Pologne: manifestation inédite, malgré la pandémie, contre l'interdiction de l'avortement

Manifestation en temps de pandémie, à Varsovie, Pologne le 14 avril 2020.
Manifestation en temps de pandémie, à Varsovie, Pologne le 14 avril 2020. Maciek Jazwiecki/Agencja Gazeta via REUTERS

En Pologne, un projet de loi très polémique, à l’initiative d’organisations ultra-catholiques, fait son retour au Parlement ce mercredi. Il veut interdire l’avortement en cas de malformation du fœtus. C’est l’un des trois seuls cas autorisés par la loi polonaise, une des plus restrictives d’Europe. Les députés doivent approuver ou rejeter ce texte ce mercredi. Le parti Droit et Justice, au pouvoir, a déjà tenté à plusieurs reprises de restreindre l’accès à l’IVG. Alors, pour mettre la pression sur les élus, des associations féministes et des milliers de citoyens protestent de manière originale. Car en ces temps de pandémie, impossible de manifester dans les rues.

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De notre correspondant à Varsovie,

Depuis quelques jours, les Polonais protestent sur les réseaux sociaux, et sur leurs balcons. Ils y accrochent des affiches contre le projet de loi anti-avortement.
Des parapluies noirs aussi. Symbole de la lutte des polonaises pour le droit à l’IVG depuis de grandes manifestations, fin 2016.

« Le pouvoir polonais s’occupe d’un projet de loi qu’il a été contraint de rejeter il y a des années, parce que nous avons protesté, explique Ola Glowicka, qui habite à Varsovie. Donc on leur montre que même si nous sommes bloqués chez nous, ils ne peuvent pas nous battre. Moi, par exemple, j’ai collé des affiches à mes fenêtres. Et j’ai aussi envoyé 276 mails aux députés pour leur dire mon opposition au projet de loi. »

Les élus ont reçu plus d’un million et demi de mails contre le texte. Des automobilistes ont aussi bloqué un croisement stratégique de Varsovie, mardi, à la mi-journée. Marta Lempart est à l’initiative de ces actions. Elle a créé le mouvement Strajk Kobiet, la grève des femmes : « C’est vraiment impressionnant. Nous partageons des centaines de photos, de vidéos. C’est le seul moyen, on ne peut pas négocier avec le parti au pouvoir. Je suis sûr que si on ne se mobilise pas assez, ils approuveront ce projet de loi. »

Son espoir : que les députés de la majorité envoient de nouveau ce texte en commission. En clair, qu’il soit remis au placard pendant encore quelques années.

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