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Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie le mardi 28 avril

Une minute de silence a été observée le 28 avril 2020 au Royaume-Uni, en hommage aux soignants décédés du Covid-19.
Une minute de silence a été observée le 28 avril 2020 au Royaume-Uni, en hommage aux soignants décédés du Covid-19. REUTERS/Kevin Coombs
Texte par : RFI Suivre
11 mn

Comment alléger progressivement les mesures de confinement sans entraîner une recrudescence des contaminations ? C’est la délicate équation à laquelle sont confrontés de nombreux pays ce mardi 28 avril, alors que la pandémie de coronavirus a fait plus de 210 000 morts dans le monde, dont plus de 85% en Europe et aux États-Unis.

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  • Le plan de déconfinement dévoilé en France

Ce mardi, le Premier ministre Édouard Philippe a présenté à l'Assemblée nationale le plan du gouvernement français pour un déconfinement progressif à partir du 11 mai. « Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas » à cette date, a toutefois averti le chef du gouvernement. Édouard Philippe a notamment abordé la question des masques, du dépistage, de la réouverture des classes et des commerces, des événements culturels et des transports. Il a précisé qu’une « nouvelle étape » s'ouvrirait le 2 juin, pour trois semaines, avec de nouvelles mesures « qui dépendront du niveau de l'épidémie ». Soumis au vote des députés, le plan gouvernemental a été approuvé par 368 voix contre 100.

À lire aussi : Ce qu’il faut retenir du plan de déconfinement présenté par Édouard Philippe

Toujours en France mais loin de la métropole, Tahiti et Moorea verront leur confinement allégé à partir de ce mercredi. Confinée depuis le 20 mars, la Polynésie française ne recense que 58 cas de Covid-19, essentiellement concentrés sur les deux principales îles, et ne déplore aucun décès.

La France a enregistré 367 décès supplémentaires en 24 heures, portant le total à 23 660 morts depuis le 1er mars. Le nombre de personnes en réanimation poursuit en revanche sa baisse observée depuis plus de deux semaines, avec 221 patients en moins ces dernières 24 heures.

  • Signes d’aggravation en Allemagne

Des signes d'aggravation de l'épidémie apparaissent en Allemagne, alors que le pays vient tout juste de débuter le déconfinement et que la chancelière Angela Merkel s'inquiète d'un retour trop rapide à la normale. Le taux d'infection (ou taux de reproduction) a de nouveau atteint le seuil de 1,0, selon l'Institut chargé de surveiller l'évolution de la pandémie dans le pays. Cela signifie que chaque malade contamine une autre personne. L'Allemagne compte 156 337 cas pour 5 913 décès. Dans ce contexte, le port du masque est rendu obligatoire à partir de mercredi dans tous les commerces à Berlin, une mesure déjà prise par l'ensemble des autres régions allemandes.

  • L'Espagne tient son plan de déconfinement

Le gouvernement espagnol a fixé ce mardi la feuille de route du déconfinement « progressif » du pays qui se fera par « phases » jusqu'à « fin juin », a annoncé son Premier ministre Pedro Sanchez. Le confinement général du pays, le plus strict d'Europe, a déjà été légèrement assoupli dimanche avec l'autorisation pour les enfants de moins de 14 ans de se promener. Il doit encore l'être samedi 2 mai avec la possibilité de faire du sport seul dehors ou de se promener entre membres du même foyer. Les écoles resteront, elles, fermées jusqu'en septembre sauf exception pour les activités de remise à niveau ou pour les enfants de moins de 6 ans dont les deux parents ne peuvent pas télétravailler, a souligné Pedro Sanchez. D'ici à la fin du processus, les déplacements ne seront permis pour les Espagnols qu'au sein de leur province tandis que l'usage du masque sera « hautement recommandé », en particulier dans les transports en commun, a-t-il encore dit.

L'Espagne a recensé mardi 301 morts dus à la pandémie de nouveau coronavirus, un chiffre en baisse par rapport au bilan de lundi et qui porte le nombre total de décès à 23 822, a annoncé le ministère de la Santé. 

La Grèce annonce son déconfinement progressif à partir du 4 mai. Le Portugal va lever à partir du 3 mai son état d'urgence, qui a entraîné depuis le 19 mars la fermeture de tous les commerces et services non essentiels pour tenter
d'enrayer la propagation du Covid-19. Le Portugal comptait ce mardi près de 1 000 morts et un peu plus de 24 000 cas de la maladie Covid-19.

  • Une minute de silence au Royaume-Uni

En hommage aux soignants morts des suites du Covid-19, les Britanniques ont observé mardi une minute de silence. A 11h locales, le pays s’est figé en mémoire des 82 soignants et 16 travailleurs sociaux décédés ces dernières semaines. Un moment de recueillement observé notamment par le Premier ministre Boris Johnson dans sa résidence officielle du 10 Downing Street où il a officiellement repris le travail cette semaine après avoir été malade du Covid-19.

La Russie envisage une sortie progressive du confinement à partir du 12 mai, selon le président Vladimir Poutine. Pourtant, toujours selon ce dernier, le pays n’a pas encore atteint son pic épidémique.

  • Plus d’un million de personnes infectées aux États-Unis

Les États-Unis ont franchi ce mardi la barre du million de personnes infectées. Cela représente environ le tiers du nombre total de cas recensés dans le monde, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Les États-Unis sont, déjà depuis fin mars, le pays qui compte le plus de cas dépistés d'infection. Le pays est également celui qui compte le plus grand nombre de victimes du Covid-19, avec plus de 57 200 décès.

Faute de baisse suffisante des hospitalisations dues au Covid-19, l’État de New York maintient des mesures strictes. Le gouverneur Andrew Cuomo a annoncé qu'il prolongerait les mesures de confinement « dans de nombreuses régions de l'État » au-delà du 15 mai, même si une réouverture des secteurs de la construction et de l'industrie manufacturière est envisagée dans les zones moins touchées. Le gouverneur a justifié sa prudence par un nombre d'hospitalisations et de nouveaux cas qui baissent moins vite qu'espéré (avec 337 décès ces dernières 24 heures).

  • Forte progression du virus au Brésil

Alors que les nouvelles infections diminuent en Europe et aux États-Unis, l’épidémie progresse rapidement au Brésil. Le pays de 210 millions d’habitants a franchi ce mardi la barre des 5 000 morts, après avoir enregistré un record de 474 décès sur les dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé. Avec 5 017 décès, le bilan le plus lourd d'Amérique latine, le pays a déjà dépassé le nombre de morts officiellement annoncé par la Chine, où l'épidémie a émergé fin 2019.

Le pic de l’épidémie n’est attendu que le mois prochain. Les hôpitaux à São Paulo sont saturés. D’après des témoignages, c’est un véritable parcours du combattant pour trouver une place en salle de réanimation. Et les images venant de la ville de Manaus, en Amazonie, continuent de provoquer une grande émotion dans le pays. Hier, lundi, les autorités ont procédé à des enterrements dans des fosses communes, car le nombre de décès, 140 au total, ne permettait plus des funérailles individuelles.

En Haïti, le président Jovenel Moïse a assuré lundi que la commande d'équipement médical, passée fin mars par son gouvernement pour faire face à l'épidémie de nouveau coronavirus, arrivera « entre le 1er et le 15 mai ».

► À lire aussi : Face à l’État absent, Haïti tente de s'organiser

  • Le Paraguay annonce la fermeture des écoles jusqu'en décembre

Au Paraguay, le président a décrété mardi que les écoles resteraient fermées jusqu’en décembre. Mais cette fermeture prolongée des établissements scolaires présente de réels problèmes, notamment sociaux avec l'accès inégal à la technologie. Car avec des écoles closes jusqu'à la fin de l'année, l’école à distance risque de s'installer dans le temps et cela pourrait accentuer les inégalités. 

« Un des gros problèmes pour le développement et l'utilisation correcte des nouvelles technologies, c'est que la connectivité est très précaire, pointe Gabriel Espinola, secrétaire général de l’Organisation des travailleurs du secteur éducatif du Paraguay. Si l'éducation à distance s'installe dans le temps, cela signifie une plus grande exclusion numérique mais aussi sociale et économique, car cela revient à privilégier les zones urbaines et à exclure encore plus les zones rurales où sont installés les paysans et les peuples autochtones. En plus de la mauvaise liaison internet, il faut prendre en compte le manque de formation et d'aisance de la majorité des professeurs pour utiliser ces technologies dans l'enseignement. »

  • L'état d’urgence prolongé en Égypte

En Égypte, l’état d’urgence est renouvelé pour trois mois. Le pays a officiellement enregistré 4 782 cas de contamination au nouveau coronavirus, dont 337 décès. Instauré en 2017 à la suite d'attentats meurtriers revendiqués par le groupe État islamique contre des églises coptes, l'état d'urgence a été en vigueur trois ans sans discontinuer. La législation d'exception élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d'arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement.

En Iran, 1 112 nouveaux cas d’infection ont été recensés ces dernières 24 heures, selon les autorités sanitaires. Dans le même temps, le pays a connu 71 décès supplémentaires, soit 5 877 au total.

  • Kim Jong-un prudent ?

Est-ce pour se protéger d’une contamination au Covid-19 que le dirigeant de Corée du Nord, Kim Jong-un, n’a pas assisté aux cérémonies officielles du 15 avril ? C’est l’hypothèse formulée par le ministre sud-coréen de l'Unification. L'absence du dirigeant lors de ces cérémonies a alimenté les spéculations sur son état de santé.

L’Unicef prévient que dès que la pandémie sera circonscrite, l'Asie du Sud devra reprendre ses campagnes de vaccinations interrompues par le Covid-19, car la santé de « centaines de milliers d’enfants » est menacée. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance note que le Bangladesh et le Népal ont cessé leurs campagnes de vaccination contre la rougeole et la rubéole, alors que l’Afghanistan et le Pakistan ont cessé de vacciner contre la polio alors que la maladie est endémique dans ces deux pays.

Enfin, l'Organisation internationale du travail (OIT) appelle les entreprises, dont certaines s'apprêtent à rouvrir après plusieurs semaines de confinement, à respecter les mesures de protection face au coronavirus afin d'éviter une nouvelle vague de contamination. « L'application de mesures de sécurité et de santé au travail est indispensable pour à la fois protéger la vie des travailleurs, de leurs familles et des populations qui les entourent, assurer la continuité du travail et la survie économique », a relevé le directeur général de l'OIT, Guy Ryder.

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