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Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie samedi 2 mai

Une esthéticienne, Martina Sekkal, effectue un traitement du visage pour un client lors de l'épidémie de coronavirus  à Vienne, en Autriche, le 2 mai 2020.
Une esthéticienne, Martina Sekkal, effectue un traitement du visage pour un client lors de l'épidémie de coronavirus à Vienne, en Autriche, le 2 mai 2020. REUTERS/Lisi Niesner
Texte par : RFI Suivre
15 mn

La pandémie de coronavirus a fait plus de 240 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre. Les pays les plus touchés sont les États-Unis avec plus de 65 173 décès, l'Italie (28 710 morts), le Royaume-Uni (28 131 morts), l'Espagne (25 100 morts) et la France (24 760 morts).

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Le déconfinement des populations cloîtrées chez elles pour éviter la propagation du coronavirus se poursuit à des rythmes variés dans le monde, mais toujours sous la menace d'une pandémie loin d'être endiguée.

En France, l’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 24 juillet

Le coronavirus a causé 166 décès supplémentaires en 24 heures en France, soit un total de 24 760 décès depuis le 1er mars, a indiqué samedi le ministère de la Santé. La pression sur les services de réanimation continue à s'amoindrir, avec 51 patients Covid-19 en moins, mais le nombre total de malades hospitalisés dans ces services reste supérieur aux capacités initiales, selon un communiqué.

Le gouvernement a décidé ce samedi, au cours d'un Conseil des ministres, la prolongation pour deux mois, jusqu'au 24 juillet, de l'état d'urgence sanitaire pour lutter contre la pandémie de coronavirus, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Entré en vigueur le 24 mars, l'état d'urgence sanitaire est prorogé car sa levée le 23 mai « serait prématurée », « les risques de reprise épidémique » étant « avérés en cas d'interruption soudaine des mesures en cours », indique le projet de loi qui va être examiné à partir de lundi par le Parlement.

Plusieurs points clefs de ce projet de loi inquiètent l’opposition, notamment la mise à l’isolement, sur ordre du préfet, d’une personne infectée si elle refuse de se placer en quarantaine. Une mesure inscrite dans l’avant-projet de loi, mais sur laquelle Edouard Philippe semble prêt à reculer. Dans son plan de déconfinement présenté cette semaine, le Premier ministre misait plutôt sur le consentement des personnes testées positif.

Dans les transports publics, des amendes de 135 euros sont prévues en cas de non-port du masque. Plusieurs élus de gauche ont demandé au gouvernement de les distribuer en masse gratuitement.

À lire aussi : France: le prix des masques chirurgicaux plafonné à 95 centimes

Autre point de friction : les outils numériques pour surveiller le virus. Le texte ouvre la voie à la collecte de données personnelles et de santé, une ligne rouge pour l’opposition. Bruno Retailleau, le chef de file des sénateurs Républicains, dénonce « un nouveau fichier encore plus intrusif » que l’application StopCovid.

Un sujet sensible jusque dans les rangs d’En Marche, où certains députés ne cachent pas leurs inquiétudes sur le tracking et le respect des libertés individuelles.

Le rapatriement des Européens presque achevé

Le rapatriement des 600 000 Européens qui se trouvaient hors de l'UE au moment de la fermeture des frontières est presque achevé, selon le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Il n'en resterait que 50 000, avec des cas problématiques au Maroc, au Cameroun ou encore en Inde.

Dans plusieurs pays d'Europe occidentale, le reflux de la maladie se confirme, mais la volonté d'éviter une nouvelle vague de contaminations amène les gouvernements à prévoir des déconfinements très progressifs.

À lire aussi : Coronavirus: l’Union européenne à la recherche d’une cohésion

L’Irlande dévoile son plan pour rouvrir son économie

D'abord annoncé pour le 5 mai, le déconfinement en Irlande commencera le 18. Le gouvernement a adopté une approche en cinq étapes, rapporte notre correspondante Emeline Vin. Chaque étape durera trois semaines, si tout va bien, c'est-à-dire si les nouvelles infections et le nombre de patients en réanimation restent sous contrôle. À partir du 18 mai, les magasins de bricolage et d’électronique pourront rouvrir. Le reste des commerces non essentiels reprendra progressivement par la suite : d'abord les petits magasins comme les librairies, puis les grosses boutiques donnant sur rue et les services jugés en demande comme les coiffeurs. Parmi les derniers autorisés, les centres commerciaux, qui rouvriront en théorie en août.

Du côté de la vie sociale, les réunions en petit comité de quatre personnes pourront se tenir dans deux semaines. Mais pour les voyages à l’intérieur du pays, il faudra attendre le 20 juin. À cette date, les Irlandais pourront, si tout va bien, se poser dans un café ou un restaurant. Pour siroter une bière bien fraîche dans un pub, il faudra attendre la phase 5 prévue le 10 août. En revanche, et cela risque de poser problème aux parents qui devront retourner au travail, les écoles, collèges et lycées, resteront fermés jusqu'à la rentrée scolaire, à l’automne.

Le déconfinement entamé en Autriche

En Autriche, le déconfinement est à l’oeuvre depuis le 1er mai : les restrictions de déplacement sont levées, les rassemblements permis jusqu’à 10 personnes et l’ensemble des magasins ainsi que les coiffeurs autorisés à rouvrir. Un déconfinement qui s’opère dans des conditions sanitaires strictes, mais qui soulage commerçants et habitants, a pu constater notre correspondante Isaure Hiace.

Je suis favorable à ce retour à la normale mais je crois qu’il faut néanmoins rester prudent: il faut continuer à maintenir les distances de précaution et porter un masque afin que nous ne subissions pas une deuxième vague.

Réouvertures des commerces à Vienne

Reflux de l’épidémie en Italie, où la librairie Stendhal rouvre ses portes

L'Italie a annoncé samedi 474 décès, le nombre quotidien le plus important depuis le 21 avril, un rebond qui s'explique par la prise en compte de morts survenues en avril qui n'avaient pas été comptabilisées; 282 décès n'ont été communiqués que samedi par la Lombardie, a expliqué la région du nord, la plus touchée par la pandémie. Il s'agit de personnes décédées hors du milieu hospitalier.

Ce rebond intervient deux jours avant le début du processus de déconfinement du pays. À Rome, la librairie Stendhal rouvre ainsi prudemment ses portes, a relevé notre correspondante Anne Le Nir. Comme toutes les librairies indépendantes, la librairie française de Rome paie un lourd tribut au Covid-19 après plus de deux mois de confinement général. Les subventions accordées aux librairies françaises à l’étranger ne suffisent pas, et en Italie, il n’existe qu’une possibilité : demander un crédit bancaire, ce qui est trop risqué pour sa propriétaire, Marie Eve Venturino.

Cette dernière a donc lancé une campagne de financement participatif avec le hastag « Je soutiens la librairie Stendhal » et a relevé le rideau depuis le 24 avril. En attendant des jours meilleurs, elle tient une permanence deux fois par semaine. Un redémarrage progressif, mais très encourageant.

Les Espagnols peuvent faire du sport

Tous les Espagnols sont de nouveau autorisés à sortir de chez eux depuis samedi pour se promener ou faire du sport après 48 jours de confinement très strict. Des créneaux horaires sont réservés aux personnes âgées ou dépendantes, aux enfants, aux adolescents. A Madrid, de nombreux habitants sont sortis courir, parfois en groupes. « Merci de courir sur les trottoirs », lançait par haut-parleur un policier municipal. « Après tant de semaines de confinement, j'avais très envie de sortir, courir, voir du monde. Hier j'étais comme un enfant à la veille de Noël », commentait un quadragénaire du quartier de Chueca, levé à l'aube pour aller trottiner.

En revanche, le port du masque deviendra obligatoire dans les transports publics dès lundi pour éviter un rebond des contagions de coronavirus alors que le pays entame son déconfinement progressif, a annoncé le chef du gouvernement Pedro Sanchez.

Afin que les Espagnols puissent disposer de masques avant de monter dans le métro, le bus ou le train de banlieue, six millions de masques seront distribués lundi à travers le pays devant les grandes gares et stations, a souligné Pedro Sanchez. Sept millions seront par ailleurs donnés aux mairies et aux provinces et 1,5 million à des organismes sociaux comme la Croix-Rouge pour qu'ils les distribuent de leur côté, a-t-il ajouté.

La Russie en pleine flambée épidémique

La Russie totalise déjà 1 222 décès, et est aujourd’hui le pays qui enregistre quotidiennement le plus grand nombre de nouveaux cas, avec 10 000 nouveaux malades en 24 heures, un record.

Près de 2% des habitants de Moscou, soit plus de 250 000 personnes, sont atteints par le Covid-19, a indiqué le maire de la capitale.

États-Unis: la FDA accorde une autorisation d'urgence pour l'antiviral expérimental remdesivir

Aux États-Unis, malgré des bilans quotidiens toujours lourds, les États fédérés avancent dans la levée des mesures de restriction. Et l’Agence américaine du médicament (FDA) a autorisé en urgence un antiviral expérimental, le remdesivir, qui d'après lui peut doper le rétablissement des malades. C'est le président Donald Trump lui-même qui a annoncé vendredi le lancement de l'utilisation du médicament, qui doit permettre aux patients atteints du Covid-19 de se rétablir plus rapidement, à défaut de faire baisser leur mortalité.

À lire aussi : Coronavirus: les États-Unis sont le premier pays à utiliser le remdesivir

Pour relancer l'économie, plus de 35 des 50 États américains ont commencé à lever ou sont sur le point de lever les strictes mesures de confinement qu'ils ont instaurées, tandis que des manifestations pour « la réouverture de l'Amérique » se multiplient à travers le pays. Le Texas a ainsi rouvert vendredi magasins, restaurants ou bibliothèques à condition qu'ils n'opèrent qu'à 25% de leur capacité.

Les États-Unis continuent pourtant de déplorer en moyenne plus ou moins 2 000 morts chaque jour (1 883 vendredi), un plateau sur lequel ils sont bloqués depuis la mi-avril. Pour exiger la levée du confinement en vigueur depuis six semaines dans leur État, des milliers de personnes ont manifesté vendredi en Californie avec des drapeaux des États-Unis.

Prêt d'urgence pour l'Équateur

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé le versement de 643 millions de dollars d'aide d'urgence à l'Equateur, frappé par l'épidémie et la chute des prix du pétrole.

Le président équatorien a reconnu vendredi que son gouvernement avait affronté des « problèmes » dans la gestion des corps des nombreuses victimes du coronavirus, en raison de l'effondrement du système hospitalier et du manque de place dans les morgues.

Au Brésil en passe de devenir le principal foyer de contamination au monde

Au Brésil, où le président Jair Bolsonaro, corona-sceptique notoire, défend coûte que coûte la reprise de l'activité économique, le pire est peut-être à venir. Selon les estimations du collectif de chercheurs Covid-19 Brasil, le Brésil comptait plus d'1,3 million de cas de coronavirus jeudi. C'est 16 fois plus que les 85 646 cas confirmés officiellement ce jour-là, dans ce pays de 210 millions d'habitants où l'on dépiste très peu. Le Brésil a par ailleurs le taux de contamination le plus élevé du monde, 2,8, selon l'Imperial College of London.

Une situation d'autant plus préoccupante que le Brésil est un pays « aux dimensions continentales, avec des populations très vulnérables, comme les habitants des favelas ou les indigènes. Sans compter une faible adhésion aux mesures de confinement », selon un membre du collectif.

Et une réplique désinvolte du président d'extrême droite continue de susciter une énorme polémique nationale. Interrogé mardi sur le fait que le Brésil venait de dépasser le chiffre de 5 000 morts, Jair Bolsonaro avait répondu : « Et alors ? ». Depuis, le bilan -officiel- est passé officiel à plus de 6 300 morts.

Près de 10 000 détenus libérés des prisons philippines, infectées par le coronavirus

Quelque 10 000 détenus ont été libérés aux Philippines pour tenter d'enrayer la propagation du nouveau coronavirus dans les prisons surpeuplées du pays, a annoncé la Cour suprême ce samedi. « La Cour est tout à fait consciente du surpeuplement de nos prisons », a déclaré à la presse Mario Victor Leonen, magistrat de la Cour suprême, en annonçant la libération de 9 731 prisonniers, qui attendent leur procès en prison faute de pouvoir payer leur caution.

L'émergence de cas de Covid-19 a été signalée dans certaines des prisons les plus surpeuplées du pays, à la fois chez des détenus et au sein du personnel pénitentiaire. La distanciation sociale est quasi-impossible dans les établissements pénitentiaires philippins, dans lesquels les cellules accueillent parfois jusqu'à cinq fois plus de détenus que prévu, en raison d'infrastructures inadaptées et d'un système judiciaire lent et surchargé. La surpopulation dans les prisons s'est aggravée depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 du président Rodrigo Dutertre et sa croisade contre le trafic de drogue, qui a jeté des milliers de personnes en prison.

Inde: un concert en ligne contre le Covid-19

En Inde (1 218 décès), l'acteur américain Will Smith et la légende du rock Mick Jagger font partie des stars internationales et de Bollywood qui vont participer à un spectacle en ligne ce dimanche pour soutenir la lutte contre le Covid-19.

Le strict confinement imposé le 25 mars, et prolongé au moins jusqu'au 17 mai, aux 1,3 milliard d'Indiens a plongé dans la détresse des millions de travailleurs de l'important secteur informel et porté un coup très dur à la troisième économie d'Asie.

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