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Coronavirus: quand le désespoir guette l’équipage des bateaux de croisière

Plusieurs bateaux de croisière en quarantaine au large de la baie de Manille, le 8 mai 2020.
Plusieurs bateaux de croisière en quarantaine au large de la baie de Manille, le 8 mai 2020. REUTERS/Eloisa Lopez
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Confinés en mer depuis l’apparition du coronavirus, des membres d’équipage de différents paquebots commencent à perdre patience. Le désespoir face à la situation pourrait être à l’origine de récents suicides.

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Combien sont-ils coincés sur des bateaux voguant sur les mers du globe en pleine pandémie de coronavirus, parfois confinés dans leur cabine, en attendant d’être rapatriés ? Difficile de le dire. Mais pour certains membres d'équipage de bateaux de croisière, l’attente semble virer au désespoir.

Suicides

Dimanche, une Ukrainienne de 39 ans s'est jetée par-dessus bord du Regal Princess, au large de Rotterdam, a confirmé à l’AFP la compagnie Princess Cruises, propriété du géant des croisières Carnival. Le navire s’apprêter à rapatrier son personnel à bord.

Deux autres membres d'équipage de bateaux de croisière sont morts ces derniers jours dans des circonstances floues. Un homme s'est apparemment suicidé samedi à bord du Carnival Breeze, qui naviguait entre les Bahamas et l'Europe, où son équipage devait débarquer. « Sa mort n'est pas liée au Covid-19, mais par respect pour sa famille, nous ne donnerons pas plus de détails », a commenté un porte-parole du groupe Carnival.

Un employé d'un autre bateau, le Jewel of the Seas, est mort le 2 mai après être passé par-dessus bord. Une enquête est en cours.

Des compagnies qui contreviennent au droit maritime international

Pour Jim Walker, avocat spécialiste en droit maritime, les compagnies de croisière sont responsables. « La priorité des lignes de croisières, c’était de mettre leurs clients à l’abri. Les équipages, eux, sont le cadet de leurs soucis, affirme-t-il. Cela fait maintenant deux mois qu’ils sont à bord des paquebots. La moitié d’entre eux ne sont même plus payés. Le droit maritime stipule qu’il faut rapatrier son équipage dans un temps imparti. Mais ce que les lignes de croisières font, c’est chercher le moyen le moins cher de le faire. Au lieu de payer des billets d’avion depuis les Etats-Unis, elles transbordent les équipages dans des bateaux qui naviguent longuement vers leurs pays d’origine. »

D’autres, à bord du Navigator of the Seas, bloqué au port de Miami, ont entamé une grève de la faim afin de pouvoir retourner à terre. « Nous avons le sentiment d'être tous pris en otage », a confié l'un d'eux au Miami Herald sous couvert d'anonymat. « La compagnie (Royal Caribbean) doit comprendre que nous ne sommes pas des cartons de nourriture que l'on peut bouger ici et là. »

« Je sais que ces compagnies traversent une période difficile avec le Covid-19, mais elles engrangent chaque année des milliards de dollars, qui échappent au fisc américain car leurs bateaux sont immatriculés à l’étranger, souligne le l’avocat spécialiste en droit maritime. Et plus grave encore, elles échappent ainsi à la législation américaine du travail. Les compagnies maritimes disposent de leurs employés comme elles le veulent. Mais dans ce cas, vous ne pouvez pas retenir un équipage à bord contre sa volonté. C’est une violation du droit maritime. »

Selon les garde-côtes américains, 104 bateaux de croisière se trouvent actuellement au large des États-Unis, avec près de 72 000 membres d'équipage à bord au total.

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