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Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie le lundi 18 mai

Les collégiens ont retrouvé leurs classes dans les zones vertes françaises.
Les collégiens ont retrouvé leurs classes dans les zones vertes françaises. JEFF PACHOUD / AFP
Texte par : RFI Suivre
17 mn

L'Europe a franchi lundi une nouvelle étape dans son déconfinement au moment où l'Organisation mondiale de la Santé se réunissait virtuellement à Genève pour débattre de la réponse internationale à la pandémie qui a fait plus de 315 000 morts dans le monde.

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L'assemblée annuelle de l'OMS s'est ouverte ce lundi virtuellement pour la première fois de son histoire, en présence des représentants des 194 pays membres. Un texte porté par l’Union européenne et une cinquantaine d’autres Etats demande « un accès universel, rapide et équitable pour tous les pays aux traitements » contre la maladie. Les discussions se poursuivront jusqu’à mardi. 

Ouvrant la réunion, le secrétaire général de l'ONU Antonio Gurerres a critiqué les pays ayant « ignoré les recommandations de l'OMS », estimant que le monde payait aujourd'hui au « prix fort » les stratégies divergentes. « En conséquence, le virus s'est répandu dans le monde entier et se dirige maintenant vers les pays du Sud, où il pourrait avoir des effets encore plus dévastateurs », a-t-il ajouté.

Sur fond de tensions entre Washington et Pékin, le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré qu'il lancerait une enquête indépendante sur la réponse à la pandémie par l’organisation « le plus tôt possible au moment approprié ».

A lire aussi : Coronavirus: sur fond de critiques, l’OMS ouvre la porte à une réforme

  • Les collèges rouvrent en France malgré l’apparition de nouveaux clusters

Quelque 185 000 élèves de 6e et 5e scolarisés dans les collèges de la « zone verte » ont fait leur grand retour en classe ce lundi. Des règles sanitaires draconiennes, dont le port obligatoire du masque dans les salles de cours, ont été appliquées pour éviter tout rebond de l'épidémie. Après le retour en classe la semaine passée de 1,4 million d'écoliers dans l'ensemble du pays, le déconfinement au collège a coupé, cette fois, le pays en deux : rien n‘a changé pour les collégiens des quatre régions en « zone rouge », parmi lesquelles l'Ile-de-France, qui devront attendre la fin du mois pour savoir s'ils retourneront en classe.

Plus de 100 personnes ont été testées positives au Covid-19 dans deux foyers épidémiques au sein de deux abattoirs, l'un près d'Orléans et l'autre près de Saint-Brieuc. Deux nouveaux clusters qui inquiètent les autorités sanitaires, toujours en état d’alerte face au risque de seconde vague.

Il y a une activité qui a été soutenue, voire dynamique. Ça veut dire qu'il y a eu beaucoup de mouvement de personnel dans les abattoirs. Les entreprises ont eu du mal à s'approvisionner en masques pour tout le personnel, donc le masque a été privilégié sur les fins de process, le conditionnement, tout ce qui est plus sensible au niveau bactériaux. Mais dans les abattoirs, il y en avait pas beaucoup.

Richard Roze

Selon le bilan quotidien de la direction générale de la santé, l'épidémie a tué 28 239 personnes depuis le 1er mars, dont 131 ces dernières 24 heures. Le nombre de personnes en réanimation est en revanche passé sous la barre des 2 000 pour la première fois depuis le 22 mars.

Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction française, a rendu ce lundi deux décisions, la première interdisant la surveillance de Paris par drones dans le cadre du déconfinement, la seconde ordonnant la levée de l'interdiction « générale et absolue » des réunions dans les lieux de culte.

  • Le couple franco-allemand prépare la relance

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont proposé un plan de relance en Europe de 500 milliards d'euros face à l'impact économique du nouveau coronavirus, qui plonge le continent dans une récession d'ampleur historique. « Notre volonté est de doter l'Europe de compétences très concrètes en matière de santé. Avec des stocks communs de masques et de tests, des capacités d'achats communes et coordonnées pour les traitements et les vaccins, des plans de prévention partagés des épidémies, des méthodes communes pour recenser les cas. Cette Europe de la santé n'a jamais existé, elle doit devenir notre priorité », a déclaré le président français.

  • L’Europe accélère son déconfinement 

Du Portugal à l'Azerbaïdjan en passant par le Danemark, l'Irlande ou l'Allemagne, plusieurs autres pays européens ont rouvert ce lundi restaurants, cafés et terrasses, dont les fameux Biergarten, les brasseries en plein air de Bavière.
En Italie, le bilan quotidien des victimes du Covid-19 est passé lundi, pour la première fois depuis deux mois, sous la barre des 100 morts. La basilique Saint-Pierre de Rome a ouvert lundi matin ses portes au public, symbole du retour à une relative normalité en Italie où le déconfinement entre dans sa phase 2, avec reprise des messes et réouverture des commerces, coiffeurs, salons de beauté, cafés et terrasses.

L'Irlande a commencé à assouplir les mesures de confinement prises fin mars pour lutter contre la propagation du coronavirus, en autorisant la réouverture de certains magasins et le retour au travail d'une partie des employés. Les jardineries, quincailleries et marchés de producteurs sont de nouveau autorisés à reprendre leurs activités tandis que les travailleurs exerçant leur profession à l'extérieur comme les employés du bâtiment ou les jardiniers retournent au travail à la condition que soient respectées les mesures de distanciation sociale. Le Portugal a également entamé la deuxième phase du déconfinement. Les musées et les galeries d'art, les bars et les restaurants, qui seront tous soumis à de nouvelles règles de sécurité sanitaire, ont commencé à rouvrir ainsi que les collèges.

L’Acropole d’Athènes a rouvert au public lundi matin comme tous les sites archéologiques de Grèce, deux mois après sa fermeture en raison de la pandémie. Au Danemark et en Macédoine du Nord, les collèges, cafés et restaurants rouvraient également ce lundi alors qu’au Royaume-Uni, les entraînements des clubs de la Premier League vont pouvoir reprendre par petits groupes à partir de mardi. Aucune date pour un retour de la compétition n'est cependant suggérée.

Qu’il y ait ou non du monde, c’est super d’être ici, il y a une incroyable énergie dans ce lieu. On a la ville d’Athènes à nos pieds et c’est vraiment appréciable.

Ecoutez le reportage: l'Acropole rouvre ses portes

  • Réouverture des Biergarten et nouveaux clusters en Allemagne

Alors que les Biergarten, les fameuses brasseries en plein air de Bavière, ont rouvert ce lundi, les autorités sanitaires allemandes s’inquiètent de nouveaux foyers de contamination. Plus de 90 employés d'un abattoir du nord-ouest de l'Allemagne ont été testés positif au coronavirus. La production a été suspendue et les personnes concernées ont été mises en quarantaine, ainsi que toutes ceux ayant été en contact avec elles. Les mauvaises conditions de travail dans ces établissements sont pointées du doigt, ainsi que le recours massif à des entreprises sous-traitantes étrangères pour l'embauche des employés, permettant de « déresponsabiliser » le secteur, selon le syndicat allemand de l'alimentaire NGG.

  • Un bilan largement sous-estimé au Daghestan

Si la Russie se félicite de la baisse du nombre de cas de contagion, l'inquiétude demeure dans le sud du pays, et notamment dans la République russe du Daghestan. Officiellement, seulement 29 personnes y sont mortes du coronavirus. Mais ce week-end, le ministre de la Santé a reconnu que ce bilan était totalement sous-estimé. En réalité, il s'éleverait à plusieurs centaines de morts. Faute d’avoir pu effectuer les tests nécessaires, ces décès n’ont pas été liés officiellement à la maladie. 

Ce lundi, le président russe a demandé que soient développées les capacités de dépistage sur le territoire, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. L’armée devra elle aussi intervenir, avec le déploiement d’un hôpital de campagne. Car le manque de moyens de dépistage n’est pas le seul problème rencontré par le Daghestan pour lutter contre l’épidémie. De l’aveu même des autorités russes, le territoire manque de médicaments et de moyens de protection. Selon l’agence Interfax les autorités locales demandent également des pouvoirs de police supplémentaires, pour que soient mieux respectées, sur le territoire, les mesures de confinement. 

  • Donald Trump dit prendre de l'hydroxychloroquine « tous les jours »

Lors d'un échange avec des journalistes, le président américain Donald Trump a affirmé prendre de l'hydroxychloroquine tous les jours à titre préventif. « A un certain moment, j'arrêterai », a-t-il encore indiqué. Les autorités sanitaires canadiennes et américaines ont mis en garde fin avril contre l'utilisation en dehors d'essais cliniques supervisés de cet antipaludéen pour prévenir une infection au nouveau coronavirus ou la traiter.

Les Etats-Unis ont franchi ce lundi le seuil des 90 000 morts et des 1,5 millions de cas, selon les décomptes de l'université Johns Hopkins. Selon le patron de la Réserve fédérale Jerome Powell, la crise économique provoquée par la pandémie présente « des différences fondamentales » avec la Grande Dépression et la croissance devrait reprendre plus vite malgré un chômage très élevé et une profonde récession. Pour autant, il estime qu'un pic du taux de chômage à 20 ou 25% est probable, et que la chute du produit intérieur brut des Etats-Unis au deuxième trimestre sera « facilement dans les 20, les 30% ».

Par ailleurs, au cours de l’assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé, Washington a condamné « l'exclusion de Taïwan » de l'assemblée, estimant qu'elle portait « encore davantage atteinte à la crédibilité » de cette agence de l'ONU critiquée pour sa gestion de la pandémie. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a vivement critiqué « l'absence d'indépendance » du directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, accusé d'avoir « choisi de ne pas inviter Taïwan sous la pression de la République populaire de Chine ».

  • Le Pérou manque de personnel hospitalier

Le Pérou fait partie des pays les plus touchés par le coronavirus. Le gouvernement du président Martin Vizcarra a annoncé l'arrivée dans les prochains jours de 85 médecins et infirmières cubains. Ils seront déployés dans les zones les plus affectées du pays qui compte plus de 94 000 malades du Covid-19 et 2 789 morts. Les Cubains doivent rester trois mois. Et leur présence est plus que bienvenue. Car l'épidémie de coronavirus met en évidence les failles du système de santé du Pérou.  

« Nos problèmes n'ont jamais été résolus. Au contraire, ils s’aggravent, explique Marlene Vargas, membre du SINESS, le syndicat national des infirmières et infirmiers. Ça fait plus de vingt ans que nous sommes confrontés à un manque de personnel. La pandémie ne fait que l’amplifier. Avant l’arrivée du coronavirus, il nous manquait déjà neuf mille infirmières au Pérou. Aujourd’hui, près de 30% de nos infirmières - souvent des personnes âgées de plus de soixante ans - sont soit en quarantaine, soit ont été contaminées par le virus et sont à la maison. Leur remplacement n’est pas possible. Parce que nous n’en avons pas les ressources humaines nécessaires. Et cela précarise l’attention portée à nos patients ».

  • Sao Paulo bouscule le calendrier pour tenter d'enrayer la propagation

La ville de Sao Paulo au Brésil ne sait plus comment convaincre la population à rester chez elle, rapporte notre correspondant, Martin Bernard. Par temps de pandémie, le bilan s'est rapidement alourdi, les hôpitaux sont de plus en plus débordés et risquent de ne plus pouvoir soigner les malades en réanimation. La mairie de Sao Paulo a tout essayé. Elle a d'abord barrer l’accès à certaines avenues, puis elle empêché la moitié de la population de circuler en voiture. Mais cela a surchargé les transports en commun, et donc facilité la transmission du virus. 

Autre solution : anticiper les jours fériés de toute l'année 2020. Dans la pratique, cela veut dire que les habitants vont bénéficier d'un grand pont de 6 jours, à partir de mercredi. Dans l'espoir que pendant cette période exceptionnelle, les Paulistanos sortiront moins de chez eux.  Mais si le virus continue de gagner du terrain, les autorités n'écartent pas d'imposer le confinement total de la population.

  • La Chine s’engage à rendre tout vaccin public

La Chine s’est dite favorable à une « évaluation complète » de la réponse mondiale au nouveau coronavirus une fois que l'épidémie aura été enrayée, a déclaré lundi le président Xi Jinping, lors de l'assemblée de l'OMS. Dans un message vidéo adressé à l'Assemblée mondiale de la santé, le secrétaire général du Parti communiste chinois a assuré que son pays, où le coronavirus a fait son apparition à la fin de 2019, avait « toujours fait preuve de transparence et de responsabilité » face à l'épidémie.

Accusée par l'administration Trump d'avoir tardé à réagir, la Chine a promis lundi que tout vaccin éventuel mis au point dans le pays deviendra un « bien public mondial ». Le président chinois a également déclaré que son pays contribuerait à hauteur de 2 milliards de dollars à la lutte mondiale contre le Covid-19, notamment dans les pays en développement. Les Etats-Unis et l'Australie ont appelé à une enquête internationale sur l'origine du virus. Pékin dénonce une « politisation » de cette question, soulignant régulièrement que le « patient zéro » du Covid-19 n'a pas été retrouvé et qu'il n'est « pas forcément » chinois.

  • Le Japon entre en récession 

L'économie japonaise est entrée en récession, avec un deuxième trimestre de contraction d'affilée du produit intérieur brut entre janvier et mars, alors que la crise du coronavirus commençait à frapper. Et pour la première fois depuis au moins 60 ans, les sentiers d'accès au Mont Fuji resteront fermés cet été, privant les randonneurs de l'ascension estivale du volcan le plus connu de l’archipel.

  • Retour à l’école pour les Néo-Zélandais

Des centaines de milliers d'enfants ont repris lundi le chemin de l'école en Nouvelle-Zélande, après huit semaines d'enseignement à domicile en raison de l'épidémie de coronavirus. « Notre message est de dire que les conditions sont sûres pour un retour des enfants à l'école », a déclaré le ministre de l’Education Chris Hipkins. La Nouvelle-Zélande, qui compte une population de cinq millions d'habitants, a jusqu'à présent géré de façon relativement efficace l'épidémie, à la faveur d'un confinement très strict imposé dès la fin mars. L'archipel dénombre 1 149 cas de Covid-19, une maladie qui a fait 21 morts.

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