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Espagne: le traitement des travailleurs migrants et saisonniers fait polémique

Un saisonnier migrant cueille des mandarines près de Lepe, dans le sud de l'Espagne, le 2 mars 2020.
Un saisonnier migrant cueille des mandarines près de Lepe, dans le sud de l'Espagne, le 2 mars 2020. CRISTINA QUICLER / AFP
Texte par : Elise Gazengel
4 mn

Près de Barcelone, la polémique grandit alors que des centaines de migrants travaillant dans les champs dorment depuis des jours dans la rue.

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De notre correspondante à Barcelone,

La plupart de ces travailleurs se rendaient tous les ans à Lleida, à 150 km de Barcelone, pour la cueillette des fruits dans la région. Avec la crise du Covid-19, ils n'ont pas pu venir à cause de la fermeture des frontières. Pour l'essentiel, ces saisonniers viennent d'Europe de l'Est ou d'Afrique.

Début mai, les agriculteurs ont donc lancé un appel pour recruter des travailleurs. Les locaux n'ont pas répondu à l'appel. Il faut dire que le travail est difficile et payé 7 euros de l'heure environ. Beaucoup de migrants – avec ou sans papiers – vivant en Espagne se sont donc pressés pour prêter main forte dans les champs.

À lire aussi : En Europe de l'Ouest, avec le coronavirus, le casse-tête du secteur agricole pour recruter des saisonniers

Vidéo virale

Certains saisonniers ont bien essayé de se payer un logement, mais rares sont ceux qui acceptent de leur louer un appartement tandis que les auberges et hôtels sont fermés. Ils se sont donc retrouvés à la rue. Une situation dénoncée dans une vidéo devenue virale par un migrant, et par des associations de soutien aux immigrés comme Plataforma Fruita Amb Justicia Social (Plataforma fruta con justicia social).

La mairie a été obligée de réagir. L'édile a annoncé l'ouverture d'un gymnase pour loger une centaine d'entre eux. Mais les saisonniers dénoncent des conditions spartiates peu adaptées au repos après des journées de douze heures dans les champs : de simples lits de camps séparés de 2 mètres dans une espèce de dortoir énorme. En outre, ce centre provisoire n'a ouvert que ce lundi et les migrants font désormais face au mécontentement de certains voisins qui ne veulent pas les voir s'y installer. Officiellement, par peur de la contagion.

Le footballeur Keita Balde loue un immeuble

C'est finalement un footballeur, Keita Balde, qui leur vient en aide. Né dans la région de parents sénégalais, le joueur de l'AS Monaco s'est ému de la situation. Aux 200 saisonniers qui dorment dans les rues, il a proposé de payer des logements dignes de ce nom et des repas jusqu'à la fin de la saison de la cueillette, en septembre. Problème : aucun hôtel de Lleida, pourtant vides en ce moment, n'a accepté de les loger, alors que le sportif s'était engagé à payer tous les frais en avance. Les associations locales dénoncent le racisme des hôteliers.

Finalement, Keita Balde a annoncé sur les réseaux sociaux avoir trouvé un immeuble entier à louer pour loger dans un premier temps une centaine d'entre eux, en attendant d'en trouver un autre. « Nous vivons dans une société complexe mais personne ne mérite cette indifférence », a déclaré le footballeur. Et de conclure : « La couleur de peau ne devrait plus être un problème ».

À (ré)écouter : Le coronavirus, vecteur de propagande anti-migrants

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