La Russie renonce à bloquer la messagerie Telegram

Les autorités russes avaient ordonné en 2018 le blocage de Telegram, qui revendique plus de 400 millions d'utilisateurs dont 30 millions en Russie. Elles ont annoncé ce jeudi leur intention de lever l'interdiction.
Les autorités russes avaient ordonné en 2018 le blocage de Telegram, qui revendique plus de 400 millions d'utilisateurs dont 30 millions en Russie. Elles ont annoncé ce jeudi leur intention de lever l'interdiction. REUTERS/Dado Ruvic
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C’est la fin d’un bras de fer qui a duré plus de deux ans : la Russie renonce à bloquer la messagerie Telegram sur son propre territoire. Au nom de la lutte contre le terrorisme, Moscou tentait depuis le printemps 2018 d’empêcher les internautes russes d’utiliser ce service très populaire. Mais la messagerie a tenu bon, et a finalement obtenu gain de cause.

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De notre correspondant à Moscou,

Pas question pour les autorités de régulation du net en Russie de reconnaître leur défaite et leur incapacité à bloquer une messagerie que les internautes ont continué à utiliser massivement dans son pays d’origine. Officiellement donc, les autorités russes ne renoncent à bloquer Telegram qu’en raison de la « volonté exprimée » par son fondateur, Pavel Durov, de contribuer à la lutte contre le terrorisme. Mais sur le fond, le créateur de Telegram, qui a fui la Russie en 2014, n’a rien cédé aux autorités russes, qui n’ont donc toujours pas accès aux clés de cryptage de la messagerie. À l’origine du bras de fer, les attentats du métro de Saint-Pétersbourg en 2017 et l’utilisation de la messagerie par les auteurs supposés de l’attentat.

30 millions d’utilisateurs

Si les autorités de régulation renoncent, après deux ans de conflit avec Telegram, c’est sans doute en raison de leur totale impuissance à bâillonner le service. Malgré ses multiples injonctions, et le blocage de plusieurs millions d’adresses IP, Telegram a en effet continué à fonctionner. Avec de temps à autres quelques difficultés, mais sans pour autant décourager les quelque 30 millions d’utilisateurs qui lui sont restés fidèles en Russie.

Une situation d’autant plus humiliante pour les autorités de régulation que certaines administrations russes ont continué, elles aussi, à utiliser la messageriepour communiquer avec le public. À l’image de la mairie de Moscou, qui s’en est servi ces dernières semaines pour informer les habitants de la capitale russe de l’évolution de l’épidémie de coronavirus et des mesures prises pour l’endiguer.

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