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REVUE DE PRESSE DES BALKANS

À la Une: la deuxième vague de Covid-19 a-t-elle déjà commencé dans les Balkans?

Des personnes portant des masques pour se protéger contre l'épidémie de Covid-19 passent devant une statue dans le centre de Skopje le 17 juin 2020.
Des personnes portant des masques pour se protéger contre l'épidémie de Covid-19 passent devant une statue dans le centre de Skopje le 17 juin 2020. Robert ATANASOVSKI / AFP

Après un net ralentissement des contaminations durant tout le mois de mai, le nombre de contaminations repart à la hausse, surtout en Macédoine du Nord. Est-ce le signe d’un déconfinement trop rapide et d'un relâchement des populations ? 

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Si les mesures drastiques prises très tôt avaient jusque-là permis de limiter les conséquences sanitaires du coronavirus, le coût démocratique et social de l'épidémie se fait particulièrement sentir dans les pays du sud-est de l'Europe. En Bulgarie, notamment, où les précaires sont mis au supplice.

 

Le 15 juin, le Kosovo a brutalement fermé son seul aéroport international, empêchant l'émissaire européen Miroslav Lajčak de commencer sa première visite officielle à la date prévue. Le diplomate slovaque est finalement arrivé le lendemain, avec l'objectif de remettre l'Union européenne dans le jeu. Une mission périlleuse alors que son mandat est contesté par les dirigeants kosovars depuis sa nomination en mars. La Slovaquie est l'un des cinq pays membres de l'UE à ne toujours pas reconnaître l'indépendance du Kosovo. Sans compter que les États-Unis entendent reprendre la main sur le dialogue entre Belgrade et Pristina, qui patine depuis 2018. L'émissaire spécial de Donald Trump a annoncé triomphalement une rencontre à la Maison Blanche le 27 juin.

 

Avec le déconfinement et la réouverture des frontières, les candidats à l'exil bloqués dans les Balkans ont commencé à reprendre la route de l'Europe occidentale depuis la frontière nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine où la situation se tend de nouveau. Et les policiers croates ont recommencé à multiplier les violences contre les migrants, comme le dénonce Amnesty International. En Grèce, le gouvernement conservateur durcit encore ses mesures contre les réfugiés : depuis le 1er juin, tous ceux qui ont obtenu l’asile il y a plus d’un mois sont expulsables de leurs logements, « pour faire de la place » aux nouveaux arrivants. Des milliers de personnes sont aujourd'hui menacées de se retrouver dans la rue.

 

Confrontée à une grave crise économique, la Macédoine du Nord a elle aussi lancé une campagne visant à inciter les habitants à passer leurs vacances au pays. Pour promouvoir son lancement, le gouvernement a ouvert un site internet avec en illustration la photo d'un lac... allemand. Cette image a ensuite été remplacée par une du lac d'Annecy. Ce n'est qu'à la troisième tentative qu'a finalement été choisie une image du célèbre lac d'Ohrid, joyau naturel classé au Patrimoine mondial de l'humanité. « L'erreur est humaine », a plaidé un ministre, mais ces couacs font se gausser les Macédoniens sur les réseaux sociaux.

 

La Serbie se prépare à voter dimanche 21 juin pour des élections municipales et législatives qui devaient initialement avoir lieu le 26 avril. Un scrutin qui semble joué d'avance alors que le parti progressiste du tout-puissant président Aleksandar Vučić a déjà la majorité absolue au Parlement et que seules trois villes du pays lui échappent encore. Reportage à Šabac, la plus grande d'entre elles, qui pourrait tomber alors que la question du boycott d'un jeu électoral truqué déchire l'opposition serbe.

 

À Mostar, la grande ville du sud de la Bosnie-Herzégovine, les électeurs n'ont pas pu élire de maire depuis 2012 à cause des divisions entre les deux grands partis nationalistes croate et bosniaque, qui se partage chacune des rives de la Neretva. Le HDZ et le SDA ont fini par se mettre d'accord le 17 juin, sous l'œil des internationaux pour pouvoir organiser un nouveau scrutin d'ici la fin 2020. Les partis citoyens antinationalistes dénoncent une énième compromission, qui renforce encore les formations corrompues qui contrôlent le pays depuis la fin de la guerre, il y a un quart de siècle.

 

Les Balkans n'ont pas échappé au vaste mouvement mondial de protestation contre le meurtre de George Floyd à Minneapolis. Mais ici, ce ne sont pas les Noirs qui sont les victimes oubliées du racisme, mais les Roms. Le coup de gueule d'un de leurs défenseurs.

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