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Serbie: le parti au pouvoir d’Aleksandar Vucic remporte largement les législatives

Le président serbe Aleksandar Vucic jublie après la victoire de son parti aux élections législatives. Le 21 juin 2020.
Le président serbe Aleksandar Vucic jublie après la victoire de son parti aux élections législatives. Le 21 juin 2020. REUTERS/Marko Djurica
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le parti conservateur au pouvoir en Serbie, dirigé par le président Aleksandar Vucic, a enregistré une victoire écrasante lors des élections législatives de dimanche 21 juin, selon les résultats des sondages d'Ipsos et du CeSID. 

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Le parti du président serbe Aleksandar Vucic a étendu ce dimanche 22 juin son emprise sur le pouvoir par un raz de marée électoral au Parlement où l'opposition est réduite à peau de chagrin et dénonce une dérive autoritaire. « Je suis reconnaissant au peuple pour ce soutien historique », a lancé le président en annonçant que le Parti serbe du progrès (SNS, centre droit), au pouvoir depuis huit ans, avait recueilli plus de 63% des voix. « Nous avons gagné partout, nous avons gagné là où nous n'avions jamais gagné », a-t-il déclaré. Le SNS pourrait disposer de près de 200 des 250 mandats du futur Parlement, estime notre correspondant à Belgrade, Jean-Arnault Dérens.

Selon les estimations de l'institut Ipsos, son partenaire au sein de la coalition sortante, le Parti socialiste de Serbie (SPS, centre-gauche) a obtenu 10% des suffrages. Ces premières élections nationales en Europe depuis le confinement imposé par la pandémie du coronavirus se sont déroulées dans l'ombre présidentielle. Aleksandar Vucic ne se présentait pas mais son nom figurait sur les bulletins de vote en tant que patron du SNS.

« Tsunami électoral »

Cette victoire sans appel a été favorisée par le boycottage du scrutin par les principaux partis d'opposition, selon qui des élections libres étaient impossibles du fait de la distorsion du paysage médiatique et démocratique.

Malgré leurs appels à rester chez soi et les craintes liées au coronavirus, la participation n'a pas reculé dans des proportions dramatiques, à 50% selon les estimations du SNS.

Cela n'a pas empêché les partis d'opposition à l'origine des appels au boycott de dénoncer des élections « fausses » et de revendiquer le succès de leur mouvement.

« Dans ce système électoral, une victoire à 40% est un très bon résultat mais avec plus de 62% pour le SNS, on a affaire à un tsunami électoral », a commenté à la télévision RTS Slobodan Zecevic, professeur à l'Institut pour les études européennes.

La Constitution confère au président un rôle honorifique mais Aleksandar Vucic, 50 ans, est sans conteste celui qui prend les décisions. Le chef de l’État, qui fut deux fois Premier ministre, est sorti renforcé de la crise du coronavirus et est plus populaire que jamais selon des sondages.

« Autocratie concurrentielle »

Les analystes parlent de « système autoritaire concurrentiel ». « On a une concurrence mais les protagonistes ne sont pas égaux », déclare à l'AFP Dusan Spasojevic, professeur de sciences politiques à l'université de Belgrade. Le parti au pouvoir bénéficie d'un paysage médiatique dominé par la presse progouvernementale, et d'une vaste base électorale constituée d'employés du service public et de leurs proches, soulignent les analystes.

L'ONG Freedom House estime que la Serbie n'est plus une démocratie mais un « régime hybride ».

Mais le chef de l'Etat peut aussi compter sur des alliés de poids sur la scène internationale. Outre la Chine et la Russie, Aleksandar Vucic est soutenu par l'Occident qui le considère comme capable de résoudre le différend avec le Kosovo, l'ancienne province serbe dont Belgrade refuse de reconnaître l'indépendance.

Après avoir voté dimanche, le chef de l'État a prévenu que les « jours et les semaines à venir seront difficiles, en particulier en ce qui concerne le Kosovo ». Dans son discours de victoire, Aleksandar Vucic a annoncé qu’il se rendrait dès mardi à Moscou, avant Washington samedi pour une rencontre avec son homologue kosovar Hashim Thaçi.

(Avec AFP)

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