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Coronavirus en Grèce: les camps de réfugiés toujours confinés malgré les dangers

Journée mondiale des réfugiés, Athènes, le 20 juin 2020
Journée mondiale des réfugiés, Athènes, le 20 juin 2020 REUTERS/Costas Baltas
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le gouvernement grec a annoncé une nouvelle prolongation -jusqu’au 5 juillet - du confinement dans les cinq camps de migrants installés sur les îles de la mer Egée. Cette quatrième prolongation pour des raisons sanitaires liées au Covid 19 est contestée par les ONG dont Médecins sans Frontières qui souligne qu’aucun cas de contamination n’a été découvert dans les camps.

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Le gouvernement grec avait déjà prolongé à trois reprises le confinement dans les camps de réfugiés et migrants du pays. Il l'avait fait les 10 mai, 21 mai et 7 juin et donc de nouveau samedi 21 juin et jusqu'au 5 juillet. Pour l'ONG Médecins sans frontières qui accompagne ces migrants, il s'agit d'une décision injustifiée et dangereuse. 

Injustifiée parce que la situation épidémique en relation avec la pandémie de Covid-19 est sous contrôle. Avec 190 décès du coronavirus, la Grèce a été moins touchée que ses partenaires européens par la pandémie. Parmi les migrants, aucun décès de la maladie Covid-19 n'a été enregistré et seulement quelques dizaines de cas signalés, selon les autorités. Par ailleurs, selon Stephan Oberreit, joint par Jelena Tomic, du service international de RFI, chef de mission de MSF en Grèce, « Dire que le camp de Moria (le principal camp sur l'île de Lesbos NDLR) présente un danger sanitaire est faux ! Il n’y a pas de cas de coronavirus dans le camp actuellement ; il n’y en a pas eu jusqu’à présent…»

Une décision dangereuse aussi car plus de 33.000 demandeurs d'asile vivent dans cinq camps sur les îles de la mer Egée, dotés d'une capacité d'accueil pour seulement 5.400 personnes, et quelque 70.000 autres dans d'autres installations sur le continent. « On est très inquiets de la situation dans le camp, poursuit Stephan Oberreit. D’abord, à cause de la promiscuité. Les gens sont dans une situation de ne pas pouvoir appliquer les mesures sanitaires, d’avoir les distanciations sociales, de ne pas pouvoir se laver les mains correctement…» Si une seule personne attrape le virus ici, vous pouvez être sûrs que tout le camp va mourir car il n'y a pas assez de médecins, témoignaithier lundi à l'AFP une demandeuse d'asile originaire d'Afghanistan hébergée depuis huit mois à Moria.

Autre danger, outre la surpopulation, l'arrivée continue de migrants. « Le danger vient plus de l’extérieur, poursuit Stephan Oberreit. C’est ça qui nous inquiète le plus...  de nouvelles arrivées qui viennent de Turquie et ne sont pas suffisamment bien testées, mises en quarantaine » en cas de test positif au Covid-19.

« Il faut plus protéger les gens de ces menaces extérieures, et surtout, ce camp ne devrait pas exister. Ce camp n’est pas en capacité de pouvoir protéger les gens, si jamais le virus devait arriver dans le camp », rappelle enfin Stephan Oberreit.

Des migrants circulent au milieu des détritus dans le camp de Moria sur l'île de Lesbos, le 2 avril 2020.
Des migrants circulent au milieu des détritus dans le camp de Moria sur l'île de Lesbos, le 2 avril 2020. Manolis LAGOUTARIS / AFP

 

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