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Union européenne: la dernière présidence décisive d’Angela Merkel

Angela Merkel au Parlement allemand le 1er juillet 2020.
Angela Merkel au Parlement allemand le 1er juillet 2020. AP Photo/Michael Sohn

Voilà deux ans que les diplomates allemands préparaient cette présidence. Leurs plans ont été totalement bouleversés par la crise liée au coronavirus et le besoin de répondre à l’urgence. « Tous ensemble pour relancer l’Europe », tel est d’ailleurs le slogan qui a été projeté en plusieurs langues sur la porte de Brandebourg sur fond bleu et jaune, les couleurs de l’UE.

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« Relancer l’Europe », cela passe très concrètement par le plan pour atténuer la crise économique et sociale liée au coronavirus. Des centaines de milliards d’euros ont été empruntés en commun, pour distribuer surtout des subventions pour les pays et les secteurs les plus touchés. On connaît la proposition de la Commission – 500 milliards de subvention, 250 de prêts –, mais on ignore encore ce qui pourra être négocié avec les pays sceptiques – la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et l’Autriche. Quels montants retenus, quelle clé de répartition entre pays...

Le grand rendez-vous sera le sommet européen des 17 et 18 juillet prochains. Il s'agira du premier sommet physique entre les 27 depuis le début de la crise. Une rencontre en « chair et en os » est nécessaire pour pouvoir prendre des décisions majeure – tous les diplomates le disent – et c’est aussi pour Angela Merkel la méthode pour faire avancer les choses. Car la chancelière est une adepte des entretiens bilatéraux. Cette « méthode Merkel » est d’ailleurs surnommée « la diplomatie du confessionnal », en référence aussi à ses origines de fille de pasteur.

L'expérience de Merkel attendue au tournant

Le savoir-faire de cette dirigeante expérimentée est en tout cas très attendu dans de nombreuses capitales européennes et à Bruxelles. Aucun dirigeant européen ne peut se targuer de son expérience acquise par 15 années de pouvoir en continu. Si certains spécialistes comparent la présidence semestrielle tournante de l’UE à celle d’une présidence de séance, tout le monde convient d’une vraie différence quand un pays qui pèse lourd politiquement et économiquement l’exerce. Il faut ajouter à cela un autre atout pour l’Allemagne : la chancelière est aussi une des très rares dirigeantes à sortir renforcée de la crise du coronavirus, au faîte de sa popularité dans son pays.

« L'attente sur nos épaules est énorme » disait Angela Merkel le lundi 29 juin à Meseberg, la résidence gouvernementale à 70 km de Berlin où elle recevait Emmanuel Macron. Il faut le souligner, c’est un vrai retournement de situation pour Berlin, vu comme le Père Fouettard, le fossoyeur de l’Europe disaient même certains pendant la crise financière de 2008-2011. Tenante de l’orthodoxie budgétaire, Angela Merkel avait quand même à cette époque-là sérieusement envisagé la sortie de la Grèce de la zone euro.

Une chance de redorer le blason de l'Allemagne

Aujourd hui, elle est attendue et regardée, et c’est une chance qui s’offre de redorer le blason de l’Allemagne. D’autant que la chancelière a promis de quitter le pouvoir au terme de son mandat dans un peu plus d’un an. Angela Merkel a déjà battu le record de longévité d’Helmut Kohl, son mentor, mais lui reste pour l’histoire le chancelier du passage à l’euro, quand elle, de son côté, cherche encore à façonner son héritage européen.

Ce sommet européen des 17 et 18 juillet est donc un premier test d’importance majeure pour cette présidence. Mais il y a d'autres très gros dossiers à la rentrée, et c’est en partie pour cela que Paris et Berlin veulent aller vite sur le plan de relance et le budget européen. En effet, un autre choc potentiel se profile : un Brexit sans accord commercial.

Septembre-octobre sera un moment décisif, selon les observateurs. Autre dossier majeur, les relations de l'UE avec la Chine.Le sommet prévu en septembre à Leipzig est annulé, mais l’Allemagne espère encore pouvoir trouver une date d’ici la fin de l’année. Pour les autres dossiers en souffrance, singulièrement celui la migration, le risque est donc très fort d’être encore repoussés à plus tard.

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