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Coup de filet dans le crime organisé après le démantèlement du réseau crypté EncroChat

Les justices et les polices françaises et nééerlandaises ont annoncé ce jeudi 2 juillet les résultats de l'enquête ayant mené au démantèlement du réseau crypté EncroChat.
Les justices et les polices françaises et nééerlandaises ont annoncé ce jeudi 2 juillet les résultats de l'enquête ayant mené au démantèlement du réseau crypté EncroChat. CHARLOTTE VAN OUWERKERK / AFPTV / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Après avoir infiltré et démantelé un réseau mondial de communications cryptées, appelé EncroChat, utilisé par des groupes criminels, les autorités judiciaires et policières françaises et néerlandaises ont procédé à plus de 800 arrestations.

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Un séisme pour le crime organisé. L'infiltration et le démantèlement du réseau de communications crypté EncroChat, menés conjointement par les justices et polices françaises et néerlandaises, ont conduit à de multiples arrestations dans plusieurs pays européens et empêché que ne soient perpétrés de nombreux actes criminels.

« C'est comme si nous étions à la table de discussions des criminels, en direct », a résumé ce jeudi 2 juillet Jannine van den Berg, cheffe de la police néerlandaise lors d'une conférence de presse à La Haye (Pays-Bas), au siège d'Eurojust, l'organisme de coopération judiciaire entre pays européens. « C'est ce qui rend l'enquête unique »

« On a utilisé le fait que les criminels font confiance aveuglément à la crypto-communication et parlent librement », a renchéri son collègue Andy Kraag, comparant ces informations à « une mine d'or nous fournissant des preuves qui nous auraient coûté des années en temps normal ». La procureure de Lille Carole Étienne, le sous-directeur de la police judiciaire de la gendarmerie nationale française Jean-Philippe Lecouffe et le procureur général néerlandais John Lucas participaient notamment à cette conférence.

Enquête conjointe franco-néerlandaise

L'enquête conjointe franco-néerlandaise, sous l'égide d'Eurojust, saisie en 2019 par la France et avec le soutien d'Europol, l'agence européenne de police criminelle, a permis ces derniers mois d'intercepter et de déchiffrer en temps réel, à leur insu, « plus de 100 millions de messages » échangé via EncroChat entre criminels à travers le monde.

Cette intrusion d'envergure a pris fin le 13 juin lorsque le réseau s'est rendu compte, selon un message d'alerte adressé à tous ses clients, qu'il avait été « infiltré illégalement » par des « entités gouvernementales » et leur a alors conseillé de se débarrasser immédiatement de leurs téléphones. Selon les autorités, la quasi-totalité des clients d'EncroChat (de 90% à 100%) est liée au crime organisé. Quelque 50 000 de ces téléphones étaient en circulation en 2020.

Des téléphones cryptés vendus 1 000 pièce

Dès 2017, l'utilisation de ces téléphones a été détectée en France lors d'opérations conduites par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, qui a travaillé depuis sur le fonctionnement de ces communications chiffrées. Le réseau de communications était spécialisé dans la vente de téléphones cryptés au service d'organisations criminelles en garantissant un anonymat total et une parfaite impunité à ses clients, même en cas d'arrestation. Les appareils étaient vendus environ 1 000 euros, avec des abonnements offrant une couverture mondiale et une assistance technique 24h/24 et 7 jours/7, pour un coût de 1 500 euros pour six mois.

Si la France ne souhaite pas pour l'heure communiquer sur le détail des opérations en cours, les autorités néerlandaises assurent que l'infiltration d'EncroChat a permis d'empêcher la commission de « dizaines d'actes criminels violents », parmi lesquels enlèvements, meurtres et fusillades. Pour les seuls Pays-Bas, l'enquête a permis l'arrestation de plus de 100 suspects, la saisie de plus de 8 000 kg de cocaïne et de 1,2 tonne de méthamphétamine en cristaux, le démantèlement de 19 laboratoires de drogues synthétiques, la saisie de dizaines d'armes à feu, de montres de luxe, de 25 voitures ainsi que de près de 25 millions d'euros en liquide.

Au Royaume-Uni, où quelque 10 000 clients utilisaient les services d'EncroChat, les autorités ont interpellé 746 suspects et saisi 54 millions de livres sterling, 77 armes à feu et plus de deux tonnes de drogue, selon un communiqué de la National Crime agency (NCA), qui se réjouit d'avoir atteint des « têtes de réseau » semblant jusqu'alors « intouchables ». Des interpellations ont aussi eu lieu en Espagne, en Suède et en Norvège, selon la procureure de Lille.

(Avec AFP)

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