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En Russie, un ancien journaliste accusé de «trahison» pour un pays de l’Otan

Ivan Safronov, ancien journaliste d'investigation, dans la cage des accusés avant une audience devant le tribunal de Moscou, le 7 juillet 2020.
Ivan Safronov, ancien journaliste d'investigation, dans la cage des accusés avant une audience devant le tribunal de Moscou, le 7 juillet 2020. REUTERS/Evgenia Novozhenina
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L’arrestation pour « trahison » d’un ex-journaliste d’investigation suscite l’indignation de ses anciens confrères. Ivan Safronov est accusé d’avoir transmis des secrets d’État au profit d’un pays de l’Otan. Mais en Russie, plusieurs médias lui ont apporté leur soutien, assurant que c’est en raison de son travail journalistique qu’il a été arrêté. Le tribunal moscovite de Lefrotovo a ordonné mardi soir son placement en détention provisoire « jusqu'au 6 septembre ».

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De notre correspondant à Moscou,

Cela faisait deux mois tout juste qu’il avait décidé de renoncer au journalisme. Écœuré par la reprise en main du journal Vedomosti, Ivan Safronov était devenu conseiller au sein de Roskosmos, l’agence spatiale russe. Dans les heures qui ont suivi son arrestation, son nouvel employeur affirmait que les accusations de trahison pesant contre lui ne concernaient pas son travail actuel.

Pour les nombreux journalistes en Russie qui lui ont apporté leur soutien, c’est une évidence : c’est en raison de ses activités passées de journaliste qu’Ivan Safronov a été arrêté. En dix ans de carrière, le journaliste a multiplié les coups d’éclats et les révélations sur un secteur ultra-sensible en Russie, celui de l’industrie de défense.

Manifestation de solidarité

Selon un porte-parole des services de sécurité russes, cité par l’agence TASS, l’ancien journaliste est accusé d’avoir « collecté et transmis des secrets d’État à un service de renseignement d’un pays de l’Otan ». Ces accusations pourraient entraîner une condamnation à vingt années de prison. Selon la presse russe, c’est peut-être un article paru en 2019 et consacré à la vente d’avions de chasse à l'Égypte qui lui vaut aujourd’hui ces accusations de trahison.

Plusieurs médias russes ont exprimé leur solidarité avec Ivan Safronov et de nombreux journalistes sont venus manifester dans l’après-midi devant le siège des services de sécurité à Moscou. Une dizaine d’entre eux ont aussitôt été arrêtés. Commentaire désabusé sur les réseaux sociaux de l’une de ses anciennes collègues : « Il est devenu impossible de travailler comme journaliste en Russie, à moins de servir les autorités. »

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