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Reportage

Srebrenica: 25 ans après le génocide, des commémorations réduites en raison de la pandémie

Une musulmane bosniaque, survivante du massacre de Srebrenica en 1995, et sa petite-fille marchent entre les pierres tombales du cimetière commémoratif de Potocari, un village juste à l'extérieur de Srebrenica, le 11 juillet 2020.
Une musulmane bosniaque, survivante du massacre de Srebrenica en 1995, et sa petite-fille marchent entre les pierres tombales du cimetière commémoratif de Potocari, un village juste à l'extérieur de Srebrenica, le 11 juillet 2020. ELVIS BARUKCIC / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le 11 juillet 1995, 8 000 hommes et garçons musulmans étaient tués par les forces serbes de Bosnie du général Mladic à Srebrenica. Un épisode reconnu comme génocide par la justice internationale et le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Les commémorations se sont tenues cette année dans des circonstances très particulières en raison de la pandémie de Covid-19.

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Avec notre envoyé spécial à Srebrenica, Laurent Rouy

Sur l’immense espace du cimetière de Potocari, les groupes clairsemés semblent perdus au milieu des plus de 6 000 stèles de pierre blanche. Ils sont à peu près 1 500 à être venus, ce samedi 11 juillet, pour la commémoration des 25 ans du massacre de Srebrenica en Bosnie, la pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est très peu.

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« Il y vraiment moins de monde. C'est sûrement les conséquences de cette pandémie et de ce virus. L'année dernière, quand je suis venue pour la première fois, il y avait vraiment beaucoup, beaucoup plus de monde », témoigne Fatima, une étudiante de Sarajevo. Avec le coronavirus toujours présent, les frontières de la Bosnie sont fermées et beaucoup de Bosniaques de l’étranger n'ont pas pu faire le voyage.

Pandémie oblige, chaque personne venue commémorer cet épisode reconnu comme un génocide par la justice internationale doit se laver les mains et passer sous une brume désinfectante. La majorité des personnes présentes portent le masque.

En raison de l'impossibilité de faire venir des foules en une seule journée, les organisateurs ont invité des gens à visiter le Centre mémorial tout au long de juillet.

Le leader des Serbes de Bosnie continue de nier l'évidence

Mais cette ambiance plus calme convient à Hussein qui enterre ce samedi un troisième proche. « J'ai attendu 25 ans pour retrouver et enterrer ce cousin. J'ai enterré ici mon père en 2015 et un autre parent en 2003, lors de la toute première cérémonie de commémoration », raconte celui qui avait 11 ans au moment où les troupes serbes de Ratko Mladic sont entrées dans l'enclave de Srebrenica. Il doit sa vie au fait qu’il était trop jeune au moment de la séparation des hommes et des femmes par les soldats du général Mladic.

Alors que 35 dirigeants internationaux ont exprimé, par vidéo, leur deuil face au massacre, Milorad Dodik le leader des serbes de Bosnie continue de nier l'évidence. Il veut créer une « commission vérité » pour réécrire les événements de 1995. Une décision prise comme une insulte par les Bosniaques.

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