Dialogue Serbie-Kosovo: Bruxelles veut croire à un nouveau départ

Le Premier ministre du Kosovo, Avdullah Hoti (g.), est accueilli par le président du Conseil européen, Charles Michel, à Bruxelles, le 25 juin 2020 (photo d'illustration).
Le Premier ministre du Kosovo, Avdullah Hoti (g.), est accueilli par le président du Conseil européen, Charles Michel, à Bruxelles, le 25 juin 2020 (photo d'illustration). REUTERS/Yves Herman/Pool

Interrompu depuis près de 18 mois, le dialogue entre la Serbie et le Kosovo est « de nouveau sur les rails », a estimé ce dimanche le représentant spécial de l'UE pour les Balkans occidentaux, après une rencontre par visioconférence entre les dirigeants serbe et kosovar.

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Au cours de cette réunion, le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti se sont mis d'accord sur l'ordre du jour de leur rencontre de jeudi à Bruxelles où ils doivent être présents cette fois physiquement, a précisé Miroslav Lajcak dans un communiqué diffusé à l'issue de la visioconférence. Il a remercié les deux parties de « leur engagement constructif ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait appelé dimanche matin les deux responsables serbe et kosovar à faire preuve de « courage politique » au cours de cette deuxième réunion virtuelle, qui s'inscrit dans le cadre de la reprise de leur dialogue visant à normaliser les relations entre leurs pays.

« Cela requiert du courage politique des deux côtés, cela demandera une volonté et des engagements dans un esprit de compromis et de pragmatisme », avait dit M. Borrell, avant le début de la réunion organisée sous les auspices de l'UE.

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Pour l’Union européenne, Josep Borrell l’a répété ce dimanche, le dialogue entre Belgrade et Pristina est un facteur de la sécurité et de la stabilité dans les Balkans, explique notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Mais il y a aussi une volonté sous-jacente de contrecarrer l’influence de la Russie, de la Chine et de la Turquie dans la région. Peut-être est-on aussi secrètement satisfait de reprendre aux États-Unis le rôle de facilitateur.

L’UE veut aussi cette normalisation car c’est la condition pour la perspective d’adhésion de la Serbie même si en parallèle, quatre pays de l’Union continuent de refuser de reconnaître l’indépendance du Kosovo.

Mais Bruxelles devra être plus qu'un entremetteur. « C’est très important que ce soient les Européens qui soient à la manoeuvre dans cette affaire surtout vis-à-vis de l’administration Trump », rappelait cette semaine sur RFI Loïc Trégourès, chargé d’enseignement à l'université catholique de Lille et spécialiste des Balkans. Mais pour que les discussions aboutissent à du concret, il faudra « que les Européens aient quelque chose à offrir ».

Moment favorable

Pour les Européens, le moment est en tout cas on ne peut plus favorable depuis que le Kosovo a décidé, en avril, d’abandonner les taxes sur les produits serbes. C’était leur mise en place qui avait interrompu le dialogue entre Belgrade et Pristina, il y a vingt mois.

De la même manière, le nouveau Premier ministre kosovar depuis un mois, Avdullah Hoti, ouvertement pro-européen, a levé à son arrivée les entraves commerciales sur les importations de Serbie. Ces deux mesures ont été hautement appréciées par Belgrade. Et le retrait du président Hashim Thaçi, depuis qu’il est accusé de crimes de guerre, ne peut que plaire à la Serbie où il est accusé d’être le principal responsable de la déclaration d’indépendance du Kosovo.

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