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Plan de relance: un Conseil européen qui s'annonce tendu et à l'issue incertaine

Le président du Conseil européen Charles Michel (D) au siège de l'UE à Bruxelles, le 16 juillet 2020.
Le président du Conseil européen Charles Michel (D) au siège de l'UE à Bruxelles, le 16 juillet 2020. John Thys/Pool via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les dirigeants de l'UE se retrouvent physiquement ce vendredi 17 juillet à Bruxelles pour la première fois depuis que la pandémie a frappé le continent. Ils vont débattre pendant deux jours d’un plan de relance exceptionnel de 750 milliards d'euros et du nouveau budget de l'Union pour les sept prochaines années. Les discussions promettent d’être tendues et l’issue de ce Conseil est encore incertaine.

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La crise a bien illustré les égoïsmes nationaux et le repli sur soi des États membres. Mais, dès le mois de mai, un accord franco-allemand pour un plan de relance historique a remis en selle le projet européen.

C’est ce plan qui va être débattu par les chefs d’État et de gouvernement des 27. Les débats portent sur son montant, son financement et les rabais envisagés pour plusieurs pays.

Mark Rutte, le dirigeant conservateur néerlandais, a pris la tête d’un petit groupe : Suède, Autriche et Danemark, hostiles à ce plan de relance, trop généreux à leur goût.

La Hongrie, la Pologne et d’autres pays de l’Est pourraient également s’opposer à ce plan, parce qu’ils ne veulent pas que l’aide soit conditionnée au respect du droit européen.

Face à eux, l’Europe du Sud lourdement frappée par la pandémie, avec en tête l’Espagne, l’Italie et la France. Il faudra tenir fermement les rênes de ce Conseil pour aboutir à un accord, une tâche qui devrait incomber à la chancelière allemande.

Angela Merkel à la manœuvre

Un rôle central lors de cette rencontre revient donc à Mme Merkel, selon notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault, puisque l'Allemagne préside pour six mois, depuis le 1er juillet, l'Union européenne.

Le sommet européen commencera très bien pour Angela Merkel. Ses homologues réunis à nouveau à Bruxelles lui souhaiteront un bon 66e anniversaire. L’issue de la rencontre, elle, est plus incertaine.

Prudente comme d’ordinaire, la chancelière déclarait mardi en recevant le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez : « Il serait souhaitable que nous arrivions très vite à un accord. Mais je ne sais pas si cela sera possible vendredi ou samedi. Il y a encore des divergences à surmonter, mais la présidence allemande s’efforcera de parvenir à un compromis ».

Angela Merkel a multiplié les contacts en amont du sommet pour parvenir à trancher ce qui ressemble à un nœud gordien. La chancelière bénéficie de son autorité et de son expérience. Elle est la plus ancienne responsable européenne au pouvoir, a déjà présidé l’Europe en 2007 et a fait ses preuves comme négociatrice.

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En présentant avec Paris un plan de relance massif avec des dettes communes, Berlin soutient les exigences des pays du Sud mais conserve ses bonnes relations traditionnelles avec les États dits « frugaux », plus réservés sur le projet comme avec ses voisins de l’Est de l’Europe. Mais il n’est pas sûr que cela suffise pour un cadeau d’anniversaire pour Angela Merkel, même d’ici vendredi.

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La question de la gouvernance en suspens

L’une des principales questions qui doit encore être tranchée, c’est celle de la gouvernance, c’est-à-dire du contrôle des plans nationaux. Angela Merkel et Charles Michel, le président du Conseil européen, ont proposé qu’ils soient en premier lieu adoptés à la majorité qualifiée. Cela empêcherait un État d'en bloquer un autre.

Or, les Pays-Bas, le plus strict des quatre frugaux, veulent pouvoir mettre leur veto. Les Pays-Bas qui souhaitent que les aides soient conditionnées à des réformes économiques. La refonte du système de retraites ou du marché du travail, par exemple.

Au contraire, la France, tout en jugeant « légitime » de vouloir renforcer les économies pour qu’elles soient plus résilientes à la prochaine crise, n’est pas favorable à une « intrusion dans le détail du plan national ». L’Élysée ne conteste pas l'idée que l’argent débloqué par l’Union européenne doit être dépensé en lien avec les réformes présentées, mais estime qu’il n’est dans l’intérêt de personne d’imposer des réformes à un État.

Parmi les membres attendus au tournant sur leur volonté de changer leurs politiques figure l’Italie. Giuseppe Conte, le président du Conseil Italien, qui insiste sur la nécessité d'agir vite, a fait une tournée européenne pour préparer ce sommet.

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