Il y a 40 ans en Islande: Vigdis Finnbogadottir, première présidente élue au monde

La présidente islandaise Vigdis Finnbogadottir lors d'une conférence du Conseil européen en 1995.
La présidente islandaise Vigdis Finnbogadottir lors d'une conférence du Conseil européen en 1995. ERIC CABANIS / AFP

Il y a quarante ans jour pour jour cette île de l’Atlantique nord élisait une présidente, une première mondiale à l’époque. Le 1er août 1980, Vigdis Finnbogadottir, allait ouvrir une nouvelle page de l’histoire de ce pays. L'ex-présidente désormais âgée de 90 ans, est toujours une figure immensément respectée en Islande.

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Le 1er août 1980, l'Islande faisait date avec l'arrivée au pouvoir de Vigdis Finnbogadottir, première femme au monde à être démocratiquement élue cheffe d'Etat. Modèle pour la société islandaise, l'ex-présidente est aujourd'hui, à 90 ans, une figure immensément respectée dans l'île mais peu connue à l'étranger.

« Elle nous a ouvert la voie à toutes », souligne à l'AFP la Première ministre islandaise, Katrin Jakobsdottir, pour qui elle a été « une grande inspiration ». « J'ai grandi avec Vigdis comme présidente, et j'ai réalisé son impact quand elle a quitté le pouvoir et que ma nièce de six ans m'a demandé: "Est ce qu'un homme peut être président?" », raconte la cheffe du gouvernement en riant.

Avec 16 années consécutives aux responsabilités grâce à trois réélections, Mme Finnbogadottir, ancienne enseignante et directrice de théâtre, détient un record de longévité au pouvoir pour une femme, que pourrait égaler l'an prochain la chancelière allemande Angela Merkel.

« Il était temps de voter pour une femme et de prouver que les femmes peuvent jouer le même rôle que les hommes. Les filles arrêtent complètement de s'excuser. Elles savent qu'elles sont tout aussi importantes pour le pays que les garçons », s'est félicitée dans une récente interview la nonagénaire à la chevelure blonde impeccable, privée de jubilé public à cause du Covid-19.

Divorcée et mère d'une enfant, elle remporte à 50 ans une victoire surprise lors de l'élection présidentielle à un tour du 29 juin 1980, avec environ un tiers des suffrages devant trois autres candidats masculins. « Un exploit considérable », se souvient Ólafur Hardarson, professeur de sciences politiques à l'Université d'Islande, même si les pouvoirs de la présidente sont limités.

C’est l’Islandaise préférée de tous les Islandais. C’est vraiment un emblème en Islande. Ma génération est née sous une femme présidente. Quand on était petit, on déclinait toujours le mot président au féminin. (…) Je pense que ça a formé une jeunesse extrêmement ouverte aux idées d’égalité. Parce que quand vous naissez dans ce cadre, ça vous semble normal de décliner la plus haute fonction de l’Etat au féminin, ça vous donne une perspective différente sur la vie.

Léa Gestsdottir-Gayet, une jeune franco-islandaise.

(avec AFP)

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