Reportage

Crise économique et Covid en Turquie, l'Aïd au rythme des baignades dans le Bosphore

Le détroit du Bosphore à Istanbul, Turquie, le 12 janvier 2016 (image d'illustration).
Le détroit du Bosphore à Istanbul, Turquie, le 12 janvier 2016 (image d'illustration). REUTERS/Murad Sezer

À Istanbul, comme dans tout le monde musulman, on célèbre la fête de l’Aïd. En Turquie, 4 jours sont fériés et la plupart des citadins en profitent pour quitter la ville. Mais cette année, coronavirus et crise économique sont passés par là et beaucoup sont restés sur place et se rabattent sur les rochers qui bordent le Bosphore et plongent dans des eaux à la propreté parfois douteuse.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Cerise Sudry-Le Dû,

Le thermomètre indique plus de trente degrés. Et alors qu’Istanbul est désertée, vacances de l'Aïd oblige, ceux qui sont restés se rafraîchissent comme il peuvent. Difficile de résister à l’envie de piquer une tête.

À Üsküdar, sur la rive asiatique du Bosphore, ils sont des centaines à se mettre en maillot et à plonger. Mesut vient ici depuis dix ans, et la vue n’est pas pour lui déplaire. « La mer est très belle, on profite de la beauté du Bosphore, en face on voit le palais de Topkapi, Sainte-Sophie, la tour de Galata... C’est le plus bel endroit du monde », se réjouit-il.

Mais si cet habitué vient souvent se baigner, cette année, ça sera son seul loisir : avec une livre turque qui avoisine les 8,30 euros contre 6 il y a encore trois mois, il n’a pas les moyens de partir en vacances. « La pandémie a eu des conséquences négatives pour nous ainsi que pour l’économie, on s’est beaucoup privés. Alors on préfére rester ici », ajoute-t-il.

Une période de confinement encore plus difficile à vivre pour les réfugiés qui envoient de l’argent à leur famille et ont vu leurs revenus s’interrompre du jour au lendemain. C’est le cas d’Abdulkadir, 22 ans,qui est arrivé d'Afghanistan il y a quatre ans et qui travaille dans un marché.

« C’est l’Aïd, et j’ai passé mes trois jours de congés ici. Pendant la pandémie, il n’ y avait pas de travail, pas d’argent, on est restés sans rien faire, mais on devait encore payer les factures, le loyer… c’était très dur », avoue-t-il.

Et le jeune homme de 22 ans de repartir aussi sec plonger dans le Bosphore : plus que quelques heures de liberté avant de retourner au travail

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