REPORTAGE

En Catalogne, les employés du tourisme dépendent des repas solidaires pour survivre

La plage de Barceloneta, habituellement bondée à cette période de l'année, après de nouvelles restrictions locales pour lutter contre la pandémie de Covid-19, à Barcelone le 2 août 2020 (image d'illustration).
La plage de Barceloneta, habituellement bondée à cette période de l'année, après de nouvelles restrictions locales pour lutter contre la pandémie de Covid-19, à Barcelone le 2 août 2020 (image d'illustration). REUTERS/Nacho Doce

Alors que l’Espagne connaît une recrudescence de contaminations au Covid-19, l’économie et les travailleurs subissent déjà de plein fouet les conséquences de la disparition des touristes. Leur nombre a chuté de 98% en juin, par rapport au même mois en 2019, selon les chiffres de l’Institut national des statistiques publiés lundi 3 août. À Reus, ville de 100 000 habitants dans l'arrière-pays de Tarragone, comme ailleurs sur la Costa Daurada catalane, la cantine solidaire en dit long : le nombre de repas servis a doublé.

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Avec notre envoyée spéciale à Reus, Juliette Gheerbrant

Dans cette cantine solidaire, Costell Suvaco a épuisé son chômage partiel il y a trois mois et ça n'a pas été facile pour lui de franchir la porte du réfectoire : « Je suis maçon, et là je n’ai pas de travail. Le chef qui me donnait du travail, il n’en a plus maintenant. J’ai fait des boulots au noir c’est tout, pour payer le loyer. Sans contrat, c’est moins bien payé : 30 euros. Huit heures, 30 euros. Au revoir, à demain ! »

Près de là, Javier raconte son histoire. « Ma femme est morte, et comme je ne pouvais plus payer le loyer, l’eau l’électricité tout seul, je suis à la rue depuis deux ans », explique le retraité.

Le réfectoire est géré par Caritas pour la municipalité de Reus, Rosa Montero s'en occupe depuis son ouverture en 2009. « Avant le début de la crise, on servait à table, entre 50 et 60 personnes par jour, dit-elle. Avec l’état d’urgence sanitaire on a distribué jusqu’à 115 repas à emporter et aujourd’hui, on est encore à une centaine. »

Les services sociaux voient aussi arriver les petites mains d’une industrie touristique en chute libre. « Il y a une augmentation des demandes de la part de gens qui vivaient du tourisme, ou faisaient des heures dans des hôtels et des restaurants : cette année ils ont beaucoup, beaucoup moins de travail », ajoute-t-elle.

La municipalité s'attend à ce que la crise sociale soit encore plus grave que celle de 2010.

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