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REPORTAGE

Turquie: des milliers de manifestantes contre les violences faites aux femmes

Des femmes manifestent pour le maintien de la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes, le 5 août 2020, dans la métropole turque.
Des femmes manifestent pour le maintien de la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes, le 5 août 2020, dans la métropole turque. Yasin AKGUL / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Turquie, malgré les vacances et le coronavirus, plusieurs milliers de femmes se sont réunies sur la rive asiatique d’Istanbul pour crier leur attachement à la Convention d’Istanbul contre la violence à l'égard des femmes. Le gouvernement réfléchit en effet à s’en retirer sous prétexte qu’elle menacerait les valeurs familiales.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Cerise Sudry-Le Dû

Pinar Gültekin, Emine Bulut, Yasemin Ilhan : les noms de ces femmes, tuées ces derniers mois en Turquie, sont scandés, un à un, par les manifestantes réunies sur la rive asiatique d’Istanbul. Ne serait-ce qu’au mois de juillet, 36 femmes ont été tuées à travers le pays.

Quand le gouvernement a annoncé qu’il envisageait de se retirer de la convention d’Istanbul, le sang des militantes n’a donc fait qu’un tour. Des manifestations ont eu lieu à travers tout le pays. La plus importante a eu lieu le 5 août au soir. Pour Çağla Çinili, 26 ans, pas question de laisser ce décompte macabre continuer. « Cette convention nous protège ! s'exclame-t-elle. S’ils la suppriment, ils pourront supprimer ensuite tous les droits nationaux qui protègent les femmes ».

Sur une scène improvisée, Feride Eralp, 30 ans, s’époumone. Elle fait partie du comité qui a organisé la manifestation. « Le gouvernement actuel a perdu beaucoup de pouvoir. Du coup, il met plus de pression en se servant de l’islam, nous explique-t-elle. Imaginez, une femme, Hatiye Gözbek, a été tuée par son mari parce qu’elle a utilisé du concentré au lieu de tomates fraîches pour le dîner, comme il le lui avait demandé ! Et c’est le gouvernement qui donne l’autorisation aux hommes de se comporter comme ça ». Et Feride, la voix cassée, de conclure : « Nos voix s’additionnent. Et on crie plus fort ensemble ».

► À lire aussi : Turquie: mobilisation contre les violences conjugales à Istanbul

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