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En Hongrie, les artistes manifestent contre l'interdiction des grands rassemblements

Un cycliste passe devant un mur de graffitis près du lieu où se déroule chaque année Sziget Island Festival à Budapest, annulé à cause du coronavirus, le 25 mars 2020.
Un cycliste passe devant un mur de graffitis près du lieu où se déroule chaque année Sziget Island Festival à Budapest, annulé à cause du coronavirus, le 25 mars 2020. ATTILA KISBENEDEK / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les grands festivals de musique avaient été annulés jusqu’à la mi-août. Avec 600 morts et 3 600 cas, la Hongrie a été moins touchée par la pandémie que d’autres pays, mais comme le nombre de cas augmente dans les pays voisins, en Roumanie et en Serbie, le gouvernement de Viktor Orban a décidé de prolonger au-delà du 15 août l’interdiction des rassemblements de plus de 500 personnes. Or les matches de football sont autorisés devant des milliers de spectateurs. D’où la grogne des festivaliers et amateurs de musique qui ont manifesté ce vendredi 7 août à Budapest.

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Avec notre correspondante à Budapest, Florence Labruyère

Cheveux longs et bottines noires, Szilvester est un grand amateur de rock. Il est venu manifester contre la décision d’interdire les festivals accueillant plus de 500 personnes, alors que les matches de foot sont autorisés.

« Le gouvernement dit que c’est parce que le public consomme de l’alcool pendant les concerts, dénonce Szilvester. Comme si les supporters de foot ne buvaient que du jus d’orange ! »

La saison du ballon rond bat son plein car les championnats de deuxième Ligue ont lieu en ce moment. Cette semaine, il y a eu de nombreux matches, avec parfois plus de 6000 spectateurs. Si les matches sont permis, c’est pour une bonne raison, estime Laszlo, infirmier.

« Je ne vois pas comment on va survivre »

« Le sport favori du Premier ministre, c’est le foot, rappelle-t-il. C’est pour ça que les matches ont lieu ! Pourquoi croyez-vous qu’on peut voyager en Croatie ? C’est parce que tous les membres du gouvernement y passent leurs vacances. Ils ont leur yacht là-bas ! »

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L’annulation des festivals est catastrophique pour les musiciens. Marton Elö dirige Irie Maffia, l’un des groupes les plus connus du pays, qui mêle le hip-hop à un reggae mâtiné de funk. Tout en affirmant comprendre la frustration du public, il approuve la prudence du gouvernement. Selon lui, un rassemblement de milliers de personnes augmenterait le risque de contamination. Reste que la crise du Covid-19 est un désastre pour la scène musicale. « Le seul coupable, c’est le virus », déplore cet artiste.

« Cette année on devait fêter nos 15 ans avec un nouvel album, confie Marton Elö. On avait 60 concerts prévus. Presque tous les festivals ont été annulés. Le groupe fait vivre 20 personnes. Je ne vois pas comment on va survivre. »

Vendre des disques

Selon Gergely Guyas, porte-parole du gouvernement, les musiciens s’en sortiront en vendant des disques. Des propos qui ont déclenché un mouvement de colère sur les réseaux sociaux : en 2020, plus personne ne vend de disques, ont répliqué les artistes. Les concerts représentent 90 % des recettes.

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