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Biélorussie: la répression bat son plein à l'heure de la présidentielle

Un homme arrêté par la police à Minsk, en Biélorussie, le 8 août 2020.
Un homme arrêté par la police à Minsk, en Biélorussie, le 8 août 2020. AP Photo/Sergei Grits
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'élection présidentielle de ce dimanche 9 août en Biélorussie se déroule dans un contexte particulièrement répressif : depuis le début de la campagne électorale en mai, les principaux candidats ont été placés sous les verrous ou ont dû fuir le pays et les arrestations se sont multipliées dans les rangs de l’opposition. 

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Rendez-vous a été donné dans parc de Minsk. Valentin Frolov est là, sur un banc isolé. Ce militant de l’opposition s’attend à tout moment à être de nouveau arrêté, après avoir déjà passé deux semaines en détention, en juin dernier. « J’ai été arrêté par des policiers en civils alors que je rassemblais des signatures pour l’élection. On m’a enlevé mes lacets, ma ceinture, et j’ai passé 15 jours en prison. Officiellement pour avoir participé à une manifestation illégale », raconte-t-il.

L’ONG de défense des droits de l’homme Viasna a dénombré plus de 2 000 arrestations depuis le début de la campagne présidentielle en Biélorussie. Ce samedi encore, Maria Kolesnikova, l'un des piliers de la campagne de la candidate de l'opposition biélorusse à la présidence, Svetlana Tikhanouskaïa, a été brièvement arrêtée avant d'être relâchée, a annoncé l'équipe de la candidate citée par l'agence Reuters. La police aurait attribué son interpellation à une erreur d'identité.

Un président menacé

Cette répression pourrait encore s’alourdir dans les jours qui vont suivre l’élection, craint Valiantsin Stefanovic, membre de l’ONG Viasna. « Il y a quelques semaines, Loukachenko a déclaré qu’en cas de déstabilisation du pays, le gouvernement pourrait utiliser l’armée. Tout est possible, et c’est ce qui m’inquiète », confie-t-il au micro de notre envoyé spécial, Daniel Vallot.

Une crainte partagée par Valentin Frolov. Pour ce militant, engagé depuis des années contre l'inamovible président biélorusse Alexandre Loukachenko, celui-ci réagit par la force, car il se sent menacé. « C’est la première fois que des gens ordinaires descendent dans la rue, au lieu de rester à la maison. Loukachenko a peur et il pense qu’en arrêtant les militants, les gens ne sortiront pas… Mais il se trompe. »

Alors qu'elle devait être jouée d'avance, l'élection de ce dimanche est beaucoup plus incertaine que prévu. L’opposition a réussi à s’unir face à Alexandre Loukachenko, qui se présente pour un sixième mandat. Ces dernières semaines, les meetings de l’opposition, lorsqu’ils sont autorisés, ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Du jamais vu en Biélorussie depuis la fin de l’URSS. 

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