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Biélorussie: réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'UE

Des ouvriers de célèbres usines d'État biélorusses ont rejoint le mouvement, comme ces employés de la compagnie des chemins de fer. À Minsk, ce jeudi 13 août 2020.
Des ouvriers de célèbres usines d'État biélorusses ont rejoint le mouvement, comme ces employés de la compagnie des chemins de fer. À Minsk, ce jeudi 13 août 2020. REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
9 mn

La détérioration de la situation en Biélorussie sera au cœur d'une réunion d’urgence des diplomates européens ce vendredi 14 août. La rencontre doit avant tout permettre l’adoption d’une position commune sur la stratégie à suivre pour sanctionner l’attitude du président Loukachenko après la fraude électorale et la répression des manifestations et alors que la contestation prend une ampleur jamais vue dans le pays.

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Réagir, et réagir vite, « oui » disent les 27, mais comment ? Des sanctions ciblées contre des personnalités qui ont joué un rôle dans la fraude électorale ou sont actrices de la répression, plusieurs pays européens sont pour, Allemagne en tête. En ménageant la population, tempèrent toutefois les Pays-Bas.

L’Union européenne impose déjà au régime d’Alexandre Loukachenko un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre plusieurs responsables politiques. Elle avait levé ces dernières années un certain nombre d’autres mesures qui pourraient être rétablies.

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Mais les pays frontaliers de la Biélorussie, réunis autour de la Pologne, plaident pour le dialogue. Rompre les liens ou braquer Minsk, c’est être plus directement exposé à la Russie, peuvent craindre notamment les Pays Baltes ou la Finlande, qui soutiennent l’idée d’une médiation de Varsovie entre Minsk et l’Union européenne.

La réunion de ce vendredi ne donnera rien de concret, la visio-conférence ne le permet pas. Mais elle permet à l'Union européenne de se manifester. Pour les décisions, il faudra attendre la réunion physique des ministres à la fin du mois.

Les sanctions, si tel est le choix retenu, devront ensuite être adoptées à l’unanimité du Conseil européen des 24 et 25 septembre prochains. 

Pour Ronan Hervouet, maître de conférences en sociologie à l’Université de Bordeaux, l'UE se doit d'intervenir.

Jusqu'ici, les sanctions n'ont jamais eu beaucoup d'influence parce que dans ce cas là, c'est l'allié russe qui revenait comme un partenaire privilégié. (...) Symboliquement ne pas réagir serait terrible. C'est un pays frontalier avec l'Union européenne.

Ronan Hervouet, Maître de conférences en sociologie à l’Université de Bordeaux, sur les sanctions

La contestation ne faiblit pas

L'appel à la grève générale lancé mardi a finalement eu de l'effet. Des ouvriers de célèbres usines d'État biélorusses ont rejoint ce jeudi le mouvement de protestation qui rassemble des dizaines de milliers de personnes malgré la répression des forces de sécurité. Dans une trentaine de villes de province, mais aussi à Minsk où le personnel médical ou les musiciens de la philarmonie sont sortis dans la rue pour former une chaîne humaine. C'est toute la population dans sa diversité qui se mobilise malgré une répression très brutale. Un couvre-feu a été mis en place et l'accès à internet a été coupé.

Il faut du courage pour descendre dans la rue en Biélorussie aujourd'hui étant donné les menaces proférées par Loukachenko avant le scrutin de dimanche. Il a annoncé qu'il était prêt à tirer à balle réelle sur la population s'il le fallait. (...) Aujourd'hui, on a des personnes ordinaires qui ne sont pas impliquées politiquement habituellement dans leur vie quotidienne et qui là brusquement descendent dans la rue et disent "non", "stop".

Ronan Hervouet, Maître de conférences en sociologie à l’Université de Bordeaux, sur les grèves

Ronan Hervouet est l'auteur de l'ouvrage Le goût des tyrans. Une Ethnographie Politique Du Quotidien En Biélorussie, à paraître fin août aux éditions Le Bord de l'eau.

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Familles sans nouvelles et prisonniers battus

Des experts des droits de l'homme de l'ONU se disent « scandalisés par la violence policière envers les manifestants pacifiques et les journalistes ». Ils appellent la communauté internationale à renforcer la pression sur le gouvernement. À ce jour on decompte officiellement 2 morts et près de 7 000 interpellations.

À Jodino, une ville de 60 000 habitants, à 70km de Minsk, l’envoyé spécial de la rédaction russe de RFI Serguei Dmitriev s'est rendu devant une grande prison où les familles se sont rassemblées pour réclamer des nouvelles de leurs proches et où de premiers prisonniers libérés témoignent d'avoir été battu par la police.

Plus de 7000 manifestants ont été arrêtés et à ce jour des centaines de familles ne savent pas où se trouvent leurs proches. (...) Devant la prison, il y a des centaines de voitures, des milliers de personnes qui sont arrivées pour savoir si leurs proches sont là.

Le témoignage de Sergey Dmitriev, journaliste à la rédaction russe de RFI

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