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Biélorussie: l'Ukraine hausse le ton contre Minsk

Manifestation de l'opposition pour protester contre les violences policières et pour rejeter les résultats de l'élection présidentielle près de la maison du gouvernement sur la place de l'indépendance à Minsk, en Biélorussie, le 14 août 2020.
Manifestation de l'opposition pour protester contre les violences policières et pour rejeter les résultats de l'élection présidentielle près de la maison du gouvernement sur la place de l'indépendance à Minsk, en Biélorussie, le 14 août 2020. REUTERS/Vasily Fedosenko
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Forcément, la situation au Biélorussie ne laisse pas indifférent dans le pays voisin, l'Ukraine, un pays qui a déjà connu deux révolutions et où la population exprime beaucoup d'empathie pour le sort des Biélorusses. Côté politique, le président Volodymyr Zelensky a quelque peu haussé le ton, ce vendredi, envers les autorités de Minsk, en les appelant à mettre fin aux interpellations violentes.

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Avec notre correspondant à Kiev,  Stéphane Siohan

À l'issue du scrutin présidentiel de dimanche dernier en Biélorussie, Volodymyr Zelensky s'était montré très prudent, se refusant à féliciter Alexandre Loukachenko, comme l'avait fait ses homologues russe ou arménien, mais sans pour autant donner l'impression de vouloir soutenir la contestation
dans la rue.

Changement de ton ce vendredi : Zelensky appelle le pouvoir biélorusse à arrêter les interpellations illégales et à s'abstenir de toute violence.

Entre temps, au moins trois ressortissants ukrainiens ont été arrêtés à Minsk, notamment deux membres de l'association Vostok SOS, la principale ONG humanitaire venant en aide aux populationsciviles du Donbass.

Le chef de l’État ukrainien est aussi un peu gêné aux entournures, car il a aussi annoncé que les pourparlers sur le Donbass se poursuivraient à Minsk, malgré la situation politique incertaine en Biélorussie.

Et puis il faut rappeler que l'an dernier, fraîchement élu, Zelensky avait un peu fanfaronné en s'affirmant contre Vladimir Poutine, comme le champion des libertés, dans le monde russophone.

Désormais à l'épreuve de la réalité, il semble que le président ukrainien ait pris le parti d'une autre stratégie : celle de la stabilité.

À lire aussi : Contestation en Biélorussie: Moscou suit la situation avec attention


♦ Tikhanoskaïa ouverte à un dialogue

La candidate d’opposition à la présidentielle en Biélorussie, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a appelé vendredi à des manifestations pacifiques de masse dans tout le pays durant le week-end pour dénoncer la violente répression de la contestation. Via son canal Telegram, l’ex-candidate a annoncé la création d’un comité de coordination pour le transfert du pouvoir et se dit prête au dialogue avec les autorités loukachenkistes.

Violences et répression dans les camps de détention

Depuis dimanche, les protestations contre la réélection du président sortant se sont poursuivies. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont
redescendus dans les rues ce vendredi aux rangs gonflés par des
ouvriers en grève dans plusieurs usines d'État. Au moins deux personnes sont mortes et plus de 7 000 Biélorusses ont été interpellés au cours des affrontements nocturnes entre forces de sécurité et manifestants.

Face à la colère de la rue, les autorités ont décidé depuis jeudi soir de libérer des centaines de manifestants incarcérés. Alexander Artemyev d'Amnesty International nous rapporte des témoignages de violences, voire de torture à l'égard des manifestants incarcérés.

« Ils ont tous été battus. Violemment, avec sadisme. Nous avons pu recueillir le témoignage d'une femme tout juste libérée d'un centre de détention de Minsk. Elle raconte les coups permanents portés aux hommes qui ont été arrêtés. Pour les femmes, c'était une campagne d'humiliation et de harcèlement. Cette femme raconte qu'avec 21 autres manifestantes, elle a été parquée dans une cellule censée accueillir seulement 4 personnes. Parfois chez les hommes, ils s'entassaient jusqu'à 50 dans une cellule. Ils ne pouvaient même pas dormir sur le sol. Certains ont même été forcés à dormir nus. Nous avons recensé de multiples fractures des côtes chez les détenus libérés, des traumatismes crâniens, de nombreuses ecchymoses. Tous les témoignages se recoupent parmi ceux qui ont été relâchés depuis hier. Tous ces témoignages nous amènent donc à dénoncer une campagne étatique de torture de masse. »

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