Tensions en Méditerranée: la Grèce sur le qui-vive face aux «provocations» turques

Photodu navire de recherche sismique turc «Oruc Reis» se dirigeant à l'ouest d'Antalya sur la côte méditerranéenne, le 12 août 2020.
Photodu navire de recherche sismique turc «Oruc Reis» se dirigeant à l'ouest d'Antalya sur la côte méditerranéenne, le 12 août 2020. TURKISH DEFENCE MINISTRY / AFP

En Méditerranée orientale, la bataille de mots se poursuit entre Athènes et Ankara, sur fond de disputes territoriales d'une zone zone riche en gisements gaziers. Pour le ministre grec des Affaires étrangères, la Turquie est la seule responsable de l’escalade actuelle, elle qui a envoyé à nouveau un navire à la recherche de gaz dans les eaux grecques en début de semaine. Pour le président turc, en revanche, la présence militaire européenne qui en a résulté s’apparente à du « banditisme ». L'Union européenne appelle à une « solution négociée et à une desescalade ».

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Le contexte international est tendu avec le voisin turc, et la communication politique s’en ressent, rapporte notre correspondant à Athènes, Joël Bronner. Samedi 15 août, la Grèce orthodoxe célèbre la Vierge Marie, et plus précisément la Dormition, l’équivalent – pour faire simple – de l’Assomption, que fête l’Église catholique.

Alors, oui, sur son compte Twitter, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a posté une traditionnelle photo de lui à l’église, une bougie à la main… et le visage masqué, comme c’est obligatoire dans la plupart des lieux publics clos en Grèce depuis 15 jours, pandémie de coronavirus oblige.

Erdogan, un personnage instable aux yeux d’Athènes

Mais les images qui apparaissent en premier sur le réseau social sont celles, postées en parallèle, de l’homme d’État entouré de militaires. Et le Premier ministre de souligner qu’en ce « jour symbolique », il avait, écrit-il, « ressenti le besoin » d’être proche de ses forces armées. Ajoutant qu’une forte capacité de dissuasion était un prérequis à la paix.

Au-delà du dossier des hydrocarbures et des bisbilles territoriales, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est perçu en Grèce comme une personnalité instable. Et le risque d’un dérapage lié à ce qu’Athènes considère comme des « provocations » d’Ankara, ne paraît pas purement abstrait. De nombreux militaires grecs le savent, eux qui ont été priés d’écourter leurs congés et de se tenir prêts.

Erdogan ne reculera devant aucune « sanction »

Les « sanctions et les menaces » ne dissuaderont pas la Turquie de mener des recherches énergétiques dans une zone de la Méditerranée orientale disputée entre Ankara et Athènes, a prévenu samedi le président Recep Tayyip Erdogan.
« Sur cette question, notre pays a entièrement raison et nous allons défendre nos droits en utilisant tous les moyens à notre disposition », a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'un discours retransmis à la télévision. « Nous ne reculerons pas devant les sanctions et les menaces », a-t-il ajouté.
 

L'UE appelle à une « solution négociée et à une desescalade »

L'Union européenne appelle à une « solution négociée et à une désescalade », à l'issue d'une réunion des ministres des affaires étrangères des Etats membres. L'UE est préoccupée par la brusque montée de tensions en Méditerranée orientale ces derniers jours. Lundi, la Turquie a dépêché un navire de recherche sismique dans une zone riche en gisements gaziers, zone revendiquée par la Grèce. Colère d'Athènes mais aussi de la France. Emmanuel Macron a décidé d'envoyer jeudi des navires et des avions de guerre sur place. Ce qui lui a valu l'opprobre de la Turquie, accusant Paris  de se comporter en « caïd » de la Méditerranée.

L'Allemagne qui a tenté de mener une méditation a également pris ses distances avec la France. Angela Merkel, la chancelière a dit « prendre acte » des manoeuvres françaises en Méditerranée.

Dans la zone, la situation est volatile. Ankara affirme avoir repoussé une tentative d'agression contre son navire de recherche sismique, ce qui n'a pas été confirmé officiellement coté grec Oruç Reis. « Si ça continue il y aura des représailles », a prévenu vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan. 

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