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Biélorussie: l'Europe cherche l'apaisement auprès de Poutine, Loukachenko durcit le ton

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko lors d'un Conseil de sécurité à Minsk, le 18 août 2020.
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko lors d'un Conseil de sécurité à Minsk, le 18 août 2020. Andrei Stasevich/BelTA/Handout via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ce mardi 18 août marque le dixième jour de contestation en Biélorussie, où la réélection d'Alexandre Loukachenko au poste de président agite toujours une partie de la population. Plusieurs dirigeants européens ont joint Vladimir Poutine, le président russe, qui a l'oreille de son homologue biélorusse. Ce dernier ne lâche toutefois rien face à la contestation.

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La situation tendue en Biélorussie a poussé les chefs d'États et de gouvernement de l'Union européenne à se saisir du dossier. Ils seront réunis pour un Conseil européen extraordinaire, par visioconférence, mercredi 19 août à partir de 12h. En amont de cette réunion, quelques leaders européens ont tenté d'apaiser ces tensions.

► À (ré)écouter : Biélorussie: le président Loukachenko, réélu pour la sixième fois, est de plus en plus contesté

Michel, Merkel et Macron appellent Poutine

Charles Michel, le président du Conseil européen, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont ainsi tous appelé Vladimir Poutine, le plus proche partenaire du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Trois appels séparés mais un même message lancé au chef d'État russe : que cesse les violences contre la société civile biélorusse et que soit prônée la nécessite de l'apaisement et du dialogue.

À chaque fois, Vladimir Poutine a lancé un avertissement contre « toute tentative d’ingérence étrangère » et « la pression exercée contre les autorités du pays ». Les 27 de l'UE n'ont pas officiellement appelé à de nouvelles élections en Biélorussie, mais ils ont déjà acté le principe de sanctions.

Une liste de personnes accusées d'avoir organisé et procédé à la répression va être établie et soumise pour approbation aux États-membres. Quatre personnes en Biélorussie sont déjà interdites de séjour dans l'UE, et leurs avoirs ont été gelés. La Biélorussie est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression.

La menace de Loukachenko à Tikhanovskaïa et Alexievitch

Alors que des images de manifestations dans de petites villes de Biélorussie circulent toujours ce 18 août et qu'une poignée d'ambassadeurs ont présenté leur démission, Alexandre Loukachenko reste droit dans ses bottes. Après une visite très chahutée dans une usine lundi 17 août, l'homme fort du pays a décidé d'une contre-offensive auprès des ouvriers de ces usines d'État, qui ont été jusqu'ici son socle électoral.

Même fragilisé, Alexandre Loukachenko montre qu'il ne lâchera pas une parcelle de pouvoir sous la pression. Aux ouvriers qui l'interpellaient avec véhémence lundi, le président biélorusse a rétorqué : « Celui qui quitte l'usine ne reviendra pas. » Ce mardi, les observateurs sont nombreux sur place à le dire : le nombre de grévistes a lourdement chuté dans ce secteur, face aux menaces de coupes dans les salaires ou de licenciements et les pressions des services de sécurité.

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, vient aussi de publier une liste de fonctionnaires de maintien de l’ordre médaillés pour « service irréprochable ». L'ex-candidate à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, tente de mettre sur pied un Comité de coordination de la société civile pour la transition. Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature en 2015, l'a rejointe. La première réunion s’est tenue mardi, avec là aussi des menaces claires du chef de l’État : « C'est une tentative de prise de pouvoir. Je tiens à avertir ceux qui ont rejoint ce comité que nous prendrons les mesures adéquates. Nous en avons assez pour refroidir certaines têtes brûlées. »

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