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Biélorussie: la Russie s'interroge sur le soutien à apporter à un Loukachenko fragilisé

Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) et son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko (à droite), à Minsk le 10 octobre 2014.
Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) et son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko (à droite), à Minsk le 10 octobre 2014. AFP PHOTO/MAXIM MALINOVSKY
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alors que la situation de la Biélorussie doit faire l'objet d'un sommet extraordinaire de l'Union européenne ce mercredi 19 août, après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko, la Russie se retrouve dans une position délicate. Alliée traditionnelle du régime biélorusse, elle reste pour l'heure prudente et en retrait.

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Avec notre correspondant à Moscou, Etienne Bouche

Alexandre Loukachenko n’est pas seul. Le dirigeant biélorusse, très contesté dans son pays après sa réélection du 9 août mais aussi dans une large partie de l'Europe, l’a assuré : il bénéficie du soutien de la Russie, qui est prête, selon lui, à lui apporter une aide militaire. Cet engagement s’inscrit dans le cadre de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OSTC), alliance militaire regroupant six États post-soviétiques. Mais cet engagement n’est valable qu’en cas de menace extérieure.

► À lire aussi : Biélorussie: l'Europe cherche l'apaisement auprès de Poutine, Loukachenko durcit le ton

Le Kremlin a mal digéré les récentes attaques de Loukachenko

Charles Michel, le président du Conseil européen, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont tous trois appelé Vladimir Poutine, partenaire de la Biélorussie, pour chercher à apaiser ce climat tendu. Le président russe a fait connaître la position du Kremlin : aucune « ingérence étrangère » ne sera acceptée en Biélorussie. Mais la Russie reste très mesurée sur la question biélorusse pour le moment.

À Moscou, les observateurs jugent improbables une intervention russe en Biélorussie. L’élite politique analyse la situation avec pragmatisme : le maintien au pouvoir d’un Loukachenko disqualifié, contre le peuple, est inenvisageable. Le Kremlin était de toute façon lassé de ses atermoiements, lui qui souhaitait pousser l’intégration politique. La Russie a aussi probablement mal digéré les accusations d’ingérence russe formulées par Loukachenko lui-même durant la campagne.

► À (ré)écouter aussi : Biélorussie: «La Russie n'est pas prête à voir s'installer, à 500 km de Moscou, un État qui lui serait hostile»

Moscou pourrait être tenté de miser un autre profil, capable de garantir les intérêts russes en Biélorussie, c'est-à-dire préserver aussi bien l’étroite relation économique que l’alliance militaire entre les deux pays. Dans cette perspective, le Kremlin espère sans doute un scénario semblable à celui de l’Arménie : la transition politique qui s’y est opérée en 2018 n’a pas remis en cause la place privilégiée de Moscou dans sa stratégie de sécurité nationale.

On ne voit pas un soutien fort et appuyé à Loukachenko. Beaucoup d’experts disent que Poutine est en train de lâcher ce partenaire loyal mais quand même très inconfortable.

Anna Colin-Lebedev

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