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L'affaire Navalny tourne au contentieux diplomatique entre Berlin et Moscou

Des policiers gardent les environs du complexe hospitalier Charité où le chef de l'opposition russe Alexeï Navalny est soigné, à Berlin, le 22 août 2020.
Des policiers gardent les environs du complexe hospitalier Charité où le chef de l'opposition russe Alexeï Navalny est soigné, à Berlin, le 22 août 2020. REUTERS/Fabrizio Bensch
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'opposant russe Alexei Navalny a-t-il été empoisonné ? Pour les médecins allemands qui le soignent, cela ne fait pratiquement aucun doute. Les médecins russes qui l'ont ausculté au départ continuent d'affirmer le contraire. Et l'affaire tourne de plus en plus au contentieux diplomatique. La chancelière allemande Angela Merkel a en effet vivement réagi en interpellant les autorités russes.

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Angela Merkel ne mâche pas ses mots. Dans un communiqué, la chancelière allemande exhortent les autorités russes à « résoudre de manière urgente cette affaire, dans les moindres détails et en toute transparence ». Elle demande aussi à ce que les responsables soient traduits en justice.

Angela Merkel a publié ce communiqué juste après les conclusions rendues par l'hopital allemand qui soigne Alexeï Navalny. Les examens pratiqués sur l'opposant russe montrent des signes d'empoisonnement, selon les médecins. Il s'agirait d'une substance similaire à celle qui avait empoisonné l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, il y a deux ans, à Londres.

Malgré les données fournies par l'hopital allemand, les médecins russes qui ont examiné dans un premier temps Alexeï Navalny ont réaffirmé qu'ils n'avaient trouvé aucune substance faisant penser à un empoisonnement.

L'opposant russe avait été pris d'un malaise jeudi dernier alors qu'il venait de prendre l'avion en Sibérie. Hospitalisé en Russie, il a finalement été transferré en Allemagne. Il est toujours plongé dans le coma mais, selon les médecins, ses jours ne sont pas en danger.

À son tour, l'Union européenne réclame une enquête « transparente et indépendante » à Moscou.

Des relations bonnes jusqu'au changement de ton de Berlin

Ce mardi matin, la presse allemande se félicite de l’engagement de Berlin en faveur d’Alexeï Navalny, mais souligne en même temps les difficultés pour influer sur la Russie, rapporte notre corresondant à Berlin, Pascal Thibaut.

Officiellement une initiative privée mais soutenue par la diplomatie allemande, le transfert de l’opposant russe constitue, pour le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine, un signal politique qui veut souligner la responsabilité de Moscou. « Les relations relativement bonnes entre l’Allemagne et la Russie s’expliquaient jusqu’à présent par la retenue souvent non justifiée de Berlin qui a changé de ton », soulignele journal.

Arrêt du gazoduc germano-russe

Ce lundi, le porte-parole d’Angela Merkel a parlé d’un probable empoisonnement et justifie la protection accordée à Navalny. L’avion qui l’a transporté à Berlin a atterri dans une zone réservée au gouvernement. Son ambulance a été ensuite accompagnée d’une escorte de la police. Des membres de l’office criminel fédéral assurent sa sécurité à l’hôpital de la Charité à Berlin. Ils protègent des responsables allemands et pour des étrangers uniquement, des chefs d’État ou de gouvernement. Cela illustre la méfiance de Berlin à l’égard de Moscou.

Mais comment aller plus loin ? Un commentaire souligne qu’il sera comme dans d’autres cas bien difficile de prouver qui est derrière l’empoisonnement de Navalny. Le quotidien économique Handelblatt exige pourtant que des sanctions soient prises contre des responsables russes; notamment en leur interdisant de pénétrer sur le territoire européen ou en saisissant leurs biens. Le quotidien réclame même l’arrêt du gazoduc germano-russe Nord Stream 2 quasi terminé.

 

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