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Une «révolution pacifique» est en cours en Biélorussie, assure l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa

Lopposante Biélorusse était en visioconférence depuis Vilnius, en Lituanie, pour une réunion organisée par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.
Lopposante Biélorusse était en visioconférence depuis Vilnius, en Lituanie, pour une réunion organisée par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. WALSCHAERTS / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

« C'est une révolution pacifique qui est en marche, pas une révolution géopolitique. » Svetlana Tikhanovskaïa s'exprimait ce mardi 25 août par visioconférence en direct de Vilnius, en Lituanie, lors d'une réunion extraordinaire organisée par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.

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Avec notre correspondante à BruxellesJoana Hostein

Chemise bleu clair, cheveux qui lui tombent sur les épaules, le visage fermé. Svetlana Tikhanovskaïa lit, par visioconférence, son message adressé aux parlementaires européens.

« La Biélorussie se réveille. Nous avons organisé dimanche la plus grande manifestation de l'histoire du pays. Nous ne sommes plus dans l'opposition, nous sommes la majorité, a-t-elle dit. Il ne s'agit pas d'une contestation anti ou pro-russe, ni d'une révolution anti ou pro-européenne. Nous souhaitons tout simplement décider librement de notre destinée. »

S'exprimant en anglais, Svetlana Tikhanovskaïa est apparue dans l'hémicycle européen par vidéo, depuis une cuisine. Elle a qualifié la manifestation du 23 août à Minsk de « plus grande de l'histoire de la Biélorussie », elle a affirmé que les « tentatives de répression violente » n'avaient « pas dissuadé, mais seulement renforcé la résolution de la nation ».

L’opposante prête à négocier avec les autorités

Le mouvement inédit de protestation contre Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, entre dans sa troisième semaine en Biélorussie. Si le nombre de manifestants ne semble pas faiblir, le chef de l'État a multiplié les déclarations et mises en scène martiales, doublées d'une répression accrue.

« Nos demandes sont simples : des élections libres et équitables », a répété l'opposante biélorusse qui s'est dite prête à négocier avec les autorités et à considérer la médiation d'organisations internationales, tout en demandant le respect de la « souveraineté de la Biélorussie ».

Les eurodéputés l'ont chaleureusement applaudie. Ils ont salué, pour certains, « une déclaration digne d'une femme d'État ». De nombreux autres ont souligné son courage et sa détermination. Les parlementaires ont aussi demandé la libération immédiate des prisonniers politiques et spécifiquement des membres du Conseil de coordination interpellés ces derniers jours.

Rejet des résultats

L'Union européenne a rejeté les résultats de l'élection présidentielle et s'est dite «  aux côtés » des Biélorusses. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a promis des sanctions supplémentaires contre un nombre « substantiel » de dirigeants du pouvoir, responsables de « violences, de répressions et de fraudes électorales ».

Les dirigeants européens ont également exhorté le président russe Vladimir Poutine à faire pression sur Alexandre Loukachenko, dont il est un allié essentiel, afin de favoriser le dialogue avec l'opposition. Mais le Kremlin estime que la crise politique chez son voisin biélorusse relève d'une « affaire intérieure » et condamne les « tentatives d'ingérence étrangères ».

Le numéro 2 du département d'État américain, Stephen Biegun, rencontrait mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov à Moscou, après s'être entretenu mardi à Vilnius avec Svetlana Tikhanovskaïa, qu'il a jugé « très impressionnante ».

Que les gens se soient politisés comme ça aussi rapidement, c’est en soi incroyable. Vraiment. La société civile était balbutiante, les gens ne partageaient pas leurs opinions. Et il y a aussi le fait que l’on soit pro ou anti Loukachenko, tout le monde veut la paix.

Justine Salvestroni, journaliste indépendante à Minsk

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