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Espagne: les migrants reprennent la dangereuse route maritime des Canaries

Groupe de migrants venus des pays sub-sahariens arrivant sur l'île de Gran Canaria, en novembre 2005 (Photo d'illustration).
Groupe de migrants venus des pays sub-sahariens arrivant sur l'île de Gran Canaria, en novembre 2005 (Photo d'illustration). BOJA SUAREZ / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Effet pervers des accords européens avec la Turquie, la Libye ou le Maroc pour contrôler les frontières en Méditerranée : les Canaries, archipel volcanique de l'océan Atlantique à une centaine de kilomètres des côtes africaines, sont redevenues une porte d'entrée de choix en Europe, comme elles l'avaient été de 2006 à 2008.

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Si les arrivées sur la côte méditerranéenne espagnole ont diminué de 50%, aux Canaries, elles ont été multipliées par six jusqu'à atteindre 3 446 entre janvier et la mi-août, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.

Sur quasiment la même période, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a enregistré au moins 239 décès sur le parcours, dépassant déjà les 210 comptabilisés sur toute l'année 2019 et bien au-delà des 43 en 2018.

« La difficulté de la traversée est impressionnante »

Avec un trafic dix fois moins important, le nombre de morts sur la route atlantique équivaut à la moitié des décès ou disparitions enregistrés en Méditerranée, selon l'OIM. Le flux de migrants est beaucoup moins important qu'en 2006, lorsqu'on dépassait les 30 000 arrivées, mais « la difficulté de la traversée est impressionnante », souligne Txema Santana de la Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR) aux Canaries.

Les embarcations ne viennent pas seulement du Maroc et de la Mauritanie, les deux pays les plus proches des Canaries, mais aussi du Sénégal, de la Gambie, à plus de 1 000 km au sud. À bord, il y a de plus en plus de femmes et d'enfants, et plus de morts en mer. La majorité des migrants fuit le Sahel et l'Afrique de l'ouest, mais certains viennent de plus loin, du Soudan du Sud ou de l'archipel des Comores dans l'Océan indien, ajoute-t-elle.

Pour ces réfugiés, la pandémie de coronavirus n'est pas un frein. Une fois débarqués, ils doivent se soumettre à un test PCR et, si l'un des passagers est positif, s'isoler dans des centres d'accueil qui ne sont pas conçus pour des quarantaines. Txema Santana réclame l'accélération des transferts de l'archipel vers l'Espagne continentale pour éviter la saturation des centres d'accueil, si comme on s'y attend les traversées augmentent en septembre, avec un vent favorable et une mer plus calme.

Avec AFP )

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