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Tensions en Méditerranée: l'Europe entre menaces et dialogue avec la Turquie

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, à Bruxelles le 21 juillet 2020.
Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, à Bruxelles le 21 juillet 2020. John Thys/Reuters
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Alors que les tensions entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée orientale ne font qu'augmenter, l'Union européenne a annoncé, vendredi 28 août, de nouvelles sanctions à venir si Ankara persiste. Ces menaces ont aussitôt été évacuées par la Turquie. Le président français, Emmanuel Macron, invite au « dialogue », uniquement possible avec « une série de préalables » de la part de la Turquie.

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Le conflit entre Turcs et Grecs s'est encore envenimé dans la semaine avec des manoeuvres militaires en mer Méditerranée, où les deux nations se disputent le partage des ressources en hydrocarbures des fonds marins. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont abordé ces tensions pendant deux jours à Berlin. Et à l'issue de ce rendez-vous, Josep Borrell a de nouveau prononcé un discours ferme à l'égard de la Turquie vendredi 28 août.

De nouvelles sanctions européennes fin septembre ?

« Nous sommes déterminés à défendre les intérêts de l'Union européenne et exprimons notre solidarité à la Grèce et à Chypre. La Turquie doit renoncer à des actions unilatérales », a déclaré le chef de la diplomatie européenne, pour qui un geste d'accalmie du clan turc est « une condition de base pour permettre à un dialogue de se mette en place ».

L'UE veut « donner une chance sérieuse à la négociation » mais estime que «  le comportement de la Turquie suscite une frustration grandissante ». Et « en l'absence de progrès », Josep Borrell menace : « Nous pourrions établir une liste de nouvelles mesures restrictives. »

Ces mesures pourraient être discutées au sommet de l'UE prévu le 24 septembre. Les 27 pourraient, par exemple, interdire à Ankara d'utiliser certains ports, ou même saisir certains navires impliqués dans les forages qui agacent tant Athènes. Des menaces que le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a vite balayé. « Le recours de l'UE à la menace de sanctions n'aide pas à résoudre le problème », a déclaré Ham Aksoy. Selon lui, le discours de Borrell serait même de nature à pousser la Turquie à poursuivre encore plus son oeuvre.

Macron se veut ferme mais voit toujours la Turquie comme « un partenaire »

Dans la soirée, Emmanuel Macron s'est exprimé à son tour sur la situation en Méditerranée. Le président français a rappelé que les 27 ont « une position commune » sur le conflit. Et dans son allocution, il a lui aussi oscillé entre fermeté et diplomatie. « Ces dernières années, la stratégie qui a été celle de la Turquie n'est pas la stratégie d'un allié de l'Otan », a-t-il remarqué. Et pour le chef de l'État, « il est clair qu'il y a une série de préalables pour réengager un dialogue de confiance ».

Mi-août, la France a déployé deux navires de guerre et deux avions de chasse Rafale pour soutenir la Grèce en Méditerranée. « J'assume complètement ce que nous avons fait. (...) Nous n'avons pas déployé une armada en Méditerranée orientale, mais nous avons simplement dit que nous considérons que les déploiements (turcs) sont une provocation », a-t-il expliqué.

Emmanuel Macron a rappelé qu'il a eu « une longue discussion avec la chancelière » allemande Angela Merkel, qui est venue lui rendre visite au fort de Brégançon. Si l'Allemagne avait adopté une position plus réservée sur la question des tensions en Méditerranée, elle semble se rapprocher de son alliée française. « L'Allemagne et nos partenaires sont en train de nous rejoindre pour voir que l'agenda turc pose problème », a déclaré le président français.

Aujourd'hui, celui-ci veut pouvoir « réengager une relation possible avec la Turquie », qu'il veut être « un partenaire sur les sujets migratoires », « un partenaire sur les sujets énergétiques », et « un partenaire pacifique et pacifié » qui soit « dans un projet d'union douanière avec nous ».

(Avec AFP)

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