Par peur du Covid-19, la Hongrie ferme totalement ses frontières

Des soldats de l'armée hongroise arrivent pour désinfecter le bâtiment et le jardin d'une maison de retraite pour personnes âgées, où au moins huit retraités sont décédés à cause du nouveau coronavirus le 12 avril 2020 à Budapest.
Des soldats de l'armée hongroise arrivent pour désinfecter le bâtiment et le jardin d'une maison de retraite pour personnes âgées, où au moins huit retraités sont décédés à cause du nouveau coronavirus le 12 avril 2020 à Budapest. GERGELY BOTAR / POOL / AFP

La Hongrie referme ses frontières. À partir du 1er septembre, les étrangers ne seront plus autorisés à entrer sur son territoire, à part quelques exceptions.

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De notre correspondante à Budapest,  Florence La Bruyère

À partir du 1er septembre, les étrangers ne sont plus autorisés à entrer en Hongrie. À l’exception des diplomates, des voyageurs d’affaires, et des convois militaires et humanitaires. Concernant les étudiants et les résidents étrangers qui travaillent en Hongrie et qui s’apprêtent à revenir de vacances, les décisions sont encore inconnues. Des informations devraient être publiées au Journal officiel prochainement.

La mesure restera en place pendant un mois. Face à la recrudescence de l’épidémie en Europe, « il faut protéger la Hongrie », a déclaré le premier ministre Viktor Orban. Ces mesures de restriction ciblent surtout les étrangers. Quant aux citoyens hongrois de retour de l’étranger, ils devront observer une quarantaine pendant quatorze jours, ou bien présenter 2 tests négatifs.

Stigmatisation des étrangers

Pour le gouvernement, le danger vient de l’extérieur. « La plupart des nouvelles infections sont d'origine étrangère », a martelé le chef de cabinet du Premier ministre Gergely Gulyas. Pourtant, l’un des porte-paroles du gouvernement est tombé malade, alors qu’il n’a pas quitté le pays.

Les autorités hongroises stigmatisent les étrangers. Au printemps dernier, elles ont expulsé manu militari 14 étudiants iraniens, accusés d’avoir propagé le virus dans le pays. Depuis, le procureur de la république a abandonné les poursuites. Preuve, selon les organisations des droits de l’Homme, que les accusations contre les iraniens étaient arbitraires, et qu’elles avaient pour but d’en faire des boucs émissaires.

Avec 614 morts pour 10 millions d’habitants, et 5 500 cas de contamination au Covid-19, le pays a été moins touché que d’autres par la pandémie. Mais – bien que très peu de tests soient effectués – le nombre de nouveaux cas augmente (actuellement 130 par jour, soit le même niveau que pendant le pic de l’épidémie).

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