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Navalny: après les accusations d'empoisonnement de Berlin, Moscou attend des preuves

L'opposant russe Alexeï Navalny, le 8 septembre 2019 à Moscou.
L'opposant russe Alexeï Navalny, le 8 septembre 2019 à Moscou. REUTERS/Tatyana Makeyeva
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L’opposant russe Alexeï Navalny a été empoisonné à l’aide d’un puissant neurotoxique « de type Novitchok », a annoncé ce mercredi Angela Merkel. Selon la chancelière allemande, « de très graves questions se posent à présent, des questions auxquelles seul le gouvernement russe peut et doit répondre ». Cette déclaration a suscité de nombreuses réactions diplomatiques. En Russie, les autorités attendent des preuves.

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Avec notre correspondant à Moscou, Étienne Bouche et Muriel Paradon, du service international de RFI

La chancelière allemande dénonce un crime destiné à réduire au silence Alexeï Navalny. « De très graves questions, dit-elle, et seul le gouvernement russe peut y répondre et il doit répondre. » Angela Merkel, dont le pays préside le Conseil de l'Union européenne, met la Russie au pied du mur. Et elle est soutenue par ses partenaires européens.

La France « condamne l'utilisation choquante et irresponsable » d'un agent neurotoxique et somme Moscou de s'expliquer. Tout comme la Grande-Bretagne qui crie au scandale. L'Union européenne dénonce un « acte lâche et méprisable ». L'Otan réclame une enquête. Enfin, les États-Unis demandent à ce que les responsables de l'empoisonnement rendent des comptes.

« Aucune raison » d'accuser la Russie

Pour le moment, le Kremlin n’est pas en mesure de répondre à Berlin. C’est ce qu’a indiqué mercredi soir le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Officiellement, Moscou a adressé des demandes pour accéder aux informations médicales de la partie allemande. Des demandes restées sans réponse à ce jour, selon le Kremlin qui assure être prêt et intéressé « à coopérer entièrement » avec l’Allemagne.

Mais la diplomatie russe a aussi fait savoir ce jeudi qu’il n’y avait « aucune raison » d'accuser la Russie d'être à l'origine de l'empoisonnement de l'opposant, et a appelé les Occidentaux à se garder de tout « jugement hâtif ».

Dmitri Peskov a une nouvelle fois insisté sur le fait qu’« aucune substance toxique » n'avait été détectée par les médecins russes lors de l'hospitalisation initiale d'Alexeï Navalny dans un établissement de Sibérie fin août.

Pour l’entourage de l’opposant, l’empoisonnement est une certitude. Ivan Jdanov, l’un de ses plus proches collaborateurs, est aujourd’hui catégorique : la détection d’une substance de type Novitchok met directement en cause l’État russe.

Selon les médecins, l’état de santé de l'opposant russe Alexeï Navalny, hospitalisé à l'hôpital berlinois de la Charité, continue de s'améliorer.

À lire aussi : L'affaire Navalny tourne au contentieux diplomatique entre Berlin et Moscou


♦ Affaire Skripal: l'espion qui empoisonne les relations entre les Occidentaux et Moscou

En 2018, l’usage de ce même Novitchok pour la première fois et de surcroît sur le sol européen avait suscité une grave crise diplomatique entre les Occidentaux et le Kremlin. À l’origine, ce que l’on appelle «  l’affaire Skripal », du nom de l’ex-agent russe accusé de trahison par Moscou au profit de Londres, via ce produit  de conception soviétique.

L'affaire débute le 4 mars 2018 quand Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont retrouvés inconscients sur un banc dans un centre commercial d’une ville située  à 140 kilomètres au sud-ouest de Londres.

Après hospitalisation et enquête, pour Londres pas de doute, c’est Moscou qui est derrière cette tentative d’assassinat. Des accusations infondées, selon Vladimir Poutine. Moscou annonce même, mi-mars, l'expulsion de 23 diplomates britanniques.

Dix jours plus tard, c’est la riposte des Occidentaux : 18 pays de l'Union européenne, mais aussi les États-Unis, l'Ukraine, le Canada, la Norvège, l'Australie annoncent à leur tour des expulsions de diplomates : 122 Russes au total. Fin mars, Moscou riposte encore avec le renvoi de 121 diplomates occidentaux, dont 60 aux États-Unis.

Six mois après l'empoisonnement, Londres a bouclé son enquête et lance un mandat d'arrêt contre deux suspects, deux « officiers » des services de renseignement russe. Devant le Parlement britannique, Theresa May pointe un doigt accusateur. « Cette attaque, dit la cheffe du gouvernement, a certainement été approuvée à un niveau élevé de l'État russe ». Theresa May, soutenue sur ce point par la France, l'Allemagne les États-Unis et le Canada.

Vladimir poutine finit, lui, par évoquer « des civils ». À la télévision russe quelques jours plus tard,  les deux suspects s’affirment « non coupables » et disent attendre des Britanniques des excuses.

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