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Biélorussie: le secteur du numérique fait pression sur Alexandre Loukachenko

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko au téléphone depuis le Palais de l'Indépendance de Minsk, le 23 août 2020.
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko au téléphone depuis le Palais de l'Indépendance de Minsk, le 23 août 2020. BelTA via Reuters
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les opposants au président Alexandre Loukachenko ont encore prévu de descendre massivement dans les rues, dimanche 6 septembre. Le mécontentement en Biélorussie touche également le numérique, secteur-clé du pays, qui menace de vaciller, contrarié par les coupures répétées d'Internet et par des perquisitions.

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Parmi les entreprises touchées, se trouve PandaDoc, un éditeur de logiciels, dont quatre dirigeants viennent d’être emprisonnés et accusés de vol à grande échelle. Le directeur général de l’entreprise avait pris fait et cause pour les manifestants.

Mikita Mikado a été l’un des premiers entrepreneurs biélorusses dans le secteur des nouvelles technologies à s’opposer ouvertement à Alexandre Loukachenko, réélu président de la République le 9 août après un scrutin controversé et contesté. Il a même mis en place une cagnotte pour les membres des forces de l’ordre qui seraient tentées de démissionner de leurs postes. Résultat : les bureaux de son entreprise, PandaDoc à Minsk, ont été perquisitionnés.

Deux mille acteurs du numérique menacent de quitter le pays

Depuis les quartiers généraux de son entreprise à San Francisco, Mikita Mikado a publié un message sur son compte Instagram : « Il est tout à fait clair qu’il s’agit d’une commande politique. Ces quatre personnes n’ont rien à voir avec mon initiative. Aujourd’hui, ils sont venus chez nous, demain, ils viendront chez vous. Parce que vous êtes des personnes normales, vous ne pouvez pas rester à l’écart et ne rien dire alors qu’on fait du mal à vos amis. »

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ИТшники, мы очень старались верить в то, что из Беларуси можно построить ИТ страну. Что ПВТ — это остров безопасности и надежности. Что если мы не лезем в политику, нас не будут трогать. Но можно ли не лезть, когда в автозаках насилуют женщин? Когда в тюрьмах пытают? Когда несовершеннолетних детей пиздят дубинками до увечий? Когда в ваших друзей и близких бросают гранаты? Когда я услышал из первых уст о пытках и избиениях, я не мог сидеть в стороне. Я высказался и сделал то, что мог. Я сделал то, что должен был сделать. Так же, как и вы — не смогли и не сможете. Поэтому и вы, по их определению, в политике. И сейчас они начали мочить мою компанию. Взяли четырех случайных и ни в чем неповинных людей и посадили их в тюрьму. Вообще без оснований. Им шьют хищение в особо крупном размере. Какое хищение? Мы частная компания. Прошли аудит месяц назад. Мы в ПВТ. Мы все делали в белую — как и вы это делаете. ВСЕ юристы от происходящего приходят в шок. Сегодня они взяли в заложники моих ребят. Завтра возьмут ваших. Или вас. Или членов ваших семей. Отмолчаться, пересидеть уже не получится. Сейчас я прошу вас о поддержке. Власть должна знать, что, в случае репрессий в ИТ, мы будем бороться. Мы будем давить экономически, политически, информационно. Мы будем переезжать, лишая режим валютной выручки и налогов. Сейчас мы должны держаться вместе. Если мы вместе, мы сможем достать ни в чем не повинных людей из тюрем. Мы сможем не допустить попадания в тюрьмы невинных людей по политическим заказам. Вместе мы — сила. Вместе мы сможем дать отпор! Savepandadoc.org #SavePandaDoc

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Dans une lettre ouverte, le fondateur de PandaDoc exige la libération de ses employés. Faute de quoi, il menace de déménager son entreprise hors de Biélorussie, privant le régime de recettes en devises et d’impôts. Le parc informatique de Minsk représente plus de 6% du produit intérieur brut du pays. Quelque 2 000 acteurs d'entreprises des nouvelles technologies ont signé une lettre publique demandant de nouvelles élections et la fin des violences policières, menaçant de quitter le pays.

► À lire aussi : Biélorussie: Loukachenko remanie la direction des organes de sécurité

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