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Biélorussie: plus de 600 arrestations lors de la manifestation massive de l'opposition

Des policiers biélorusses frappent un partisan de l'opposition lors d'un grand rassemblement de protestation, le 6 septembre 2020 à Minsk.
Des policiers biélorusses frappent un partisan de l'opposition lors d'un grand rassemblement de protestation, le 6 septembre 2020 à Minsk. TUT.BY / AFP
Texte par : RFI Suivre
7 mn

La police biélorusse a fait état, ce lundi, de 633 arrestations lors du dernier grand rassemblement de l'opposition la veille, à Minsk. Une figure de l'opposition a également été arrêtée à la frontière avec l'Ukraine.

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Ce lundi, la police biélorusse a annoncé que 633 personnes avaient été arrêtées lors de la manifestation monstre de l’opposition dimanche, un rassemblement visant à protester, une nouvelle fois, contre la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko. Il s’agit de la répression la plus importante depuis le début du mois d'août.

Les forces de sécurité ont aussi précisé que 363 d'entre elles restaient en détention provisoire dans l'attente de l'examen de leurs dossiers par les tribunaux.

Maria Kolesnikova emmenée par des inconnus

Autre arrestation symbole d'une intensification de la répression de la part des autorités, celle de l'opposante Maria Kolesnikova. Elle a été arrêtée à la frontière avec l'Ukraine, a indiqué mardi à l'AFP le service des gardes-frontières, ajoutant que deux autres opposants ont eux pu quitter le pays. « Kolesnikova est actuellement détenue », a indiqué le porte-parole des gardes-frontières, Anton Bytchkovski, au sujet de cette opposante qui était la dernière des trois figures féminines de la campagne à la présidentielle contre le président Alexandre Loukachenko à encore être en Biélorussie. Les deux autres, Svetlana Tikhanovskaïa et Veronika Tsepkalo, ont dû s'exiler.

Maria Kolesnikova présente au grand rassemblement de l'opposition à Minsk, le 6 septembre 2020.
Maria Kolesnikova présente au grand rassemblement de l'opposition à Minsk, le 6 septembre 2020. Tut.By via REUTERS/File

Elle est membre du Conseil de coordination de l'opposition, contre lequel les autorités ont engagé des poursuites judiciaires pour « menace à la sécurité nationale ». Maria Kolesnikova, 38 ans, avait disparu lundi à Minsk, « enlevée » selon ses partisans et embarquée dans un véhicule contre son gré. Le ministère biélorusse de l'Intérieur avait indiqué n'avoir aucune information quant à une éventuelle arrestation.

L'Allemagne avait « exigé de savoir où se trouve » Maria Kolesnikova, a indiqué le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. De son côté, le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell a appelé lundi 7 septembre les autorités biélorusses à « la libération immédiate » des opposants politiques et rappelé qu'elle imposerait des sanctions « aux personnes responsables » de la répression dans le pays.

Mais le journaliste franco-biélorusse Andrei Vaitovitch, prévient : le mouvement qui réclame depuis un mois le départ du président Loukachenko va continuer, même en l'absence de ces figures de l'opposition.

On voit que les gens qui sortent, ils ne sortent pas pour quelqu’un, ils sortent unis autour d’un but, c’est dire le départ de Loukachenko. Ce n’est pas des figures qui incarnent la mobilisation, c’est juste des figures transitoires dans ce mouvement qui s’auto-organise.

Andrei Vaitovich, journaliste franco-biélorusse

La manifestation de dimanche a rassemblé, pour le quatrième week-end consécutif, une foule record de plus de 100 000 personnes à Minsk, malgré un impressionnant déploiement des forces de l'ordre et de l'armée dans la capitale.

Des images avaient montré dimanche des hommes cagoulés, en civil et armés de matraques circulant dans le centre-ville et pourchassant des manifestants. D'autres actions de protestation ont eu lieu dans de nombreuses villes du pays, notamment à Grodno (ouest) ou Brest (ouest).

Alexandre Loukachenko, 66 ans dont 26 à la tête du pays, continue d'exclure tout dialogue et recherche le soutien de Moscou. Loin de reculer, les autorités ont multiplié la semaine dernière les arrestations en réponse à la mobilisation des opposants.

La peur est omniprésente. (…) C’est un climat assez anxiogène , mais malgré tout on a vu dimanche dernier encore une fois une marche avec plus de 100 000 personnes à Minsk et les gens sont déterminés. Ils disent "on va continuer, nous n’avons pas oublié et nous ne pardonnerons pas".

Andrei Vaitovich, journaliste franco-biélorusse

(Avec AFP)

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